Rabat - Voici le texte intégral du discours adressé mercredi à la Nation par SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste :.
" Louange à Dieu.
Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons,.
Cher peuple,.
Je M'adresse à toi aujourd'hui pour t'entretenir de l'amorce de la phase suivante du processus de régionalisation avancée, avec tout le potentiel dont il est porteur pour la consolidation de notre modèle de démocratie et de développement, et ce qu'il induit comme révision constitutionnelle profonde. Nous tenons celle-ci pour être la clé de voûte des nouvelles réformes globales que Nous entendons lancer, toujours en parfaite symbiose avec la nation dans toutes ses composantes.
Nous tenons tout d'abord à saluer la pertinence du contenu du rapport de la commission consultative de la régionalisation que Nous avions chargée, le 03 janvier de l'an passé, d'élaborer une conception générale d'un modèle marocain de régionalisation avancée.
A cet égard, Nous rendons hommage à la commission, son président et ses membres, pour la consistance et le sérieux du travail accompli. Nous saluons, au même titre, la contribution constructive que les organisations politiques, syndicales et associatives ont apportée à ce chantier fondateur.
Faisant suite à l'annonce faite dans Notre Discours du 20 août 2010, à l'occasion de l'anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple, Nous invitons chacun à s'inscrire dans le processus qui est à l'œuvre pour assurer la maturation de cette conception générale et ce, dans le cadre d'un débat national aussi large que constructif.
Suivant une démarche progressive, la commission a proposé la possibilité d'instaurer la régionalisation avancée au moyen d'une loi, dans le cadre institutionnel actuel, en attendant que mûrissent les conditions de sa constitutionnalisation.
Or, Nous estimons que le Maroc, au vu des progrès qu'il a réalisés en matière de démocratie, est apte à entamer la consécration constitutionnelle de la régionalisation avancée.
Il Nous a paru judicieux de faire ce choix audacieux, parce que Nous tenons à ce que la régionalisation avancée soit l'émanation de la volonté populaire directe, exprimée à travers un référendum constitutionnel.
Aussi, avons-Nous décidé, dans le cadre de la réforme institutionnelle globale pour laquelle Nous nous sommes attaché, dès Notre accession au Trône, à créer les conditions propices, de faire en sorte que la consécration constitutionnelle de la régionalisation puisse s'opérer selon des orientations fondamentales, permettant notamment de :.
- Conférer à la région la place qui lui échoit dans la Constitution, parmi les collectivités territoriales, et ce, dans le cadre de l'unité de l'Etat, de la nation et du territoire et conformément aux exigences d'équilibre et de solidarité nationale entre et avec les régions.
- Prévoir l'élection des conseils régionaux au suffrage universel direct, et la gestion démocratique des affaires de la région.
- Conférer aux présidents des conseils régionaux le pouvoir d'exécution des délibérations desdits conseils, en lieu et place des gouverneurs et des walis.
- Renforcer la participation de la femme à la gestion des affaires régionales et, d'une manière générale, à l'exercice des droits politiques. A cet effet, il convient de prévoir des dispositions à même d'encourager, par la loi, l'égal accès des hommes et des femmes aux fonctions électives.
- Procéder à la refonte de la composition et des attributions de la Chambre des conseillers, dans le sens de la consécration de sa représentativité territoriale des régions. Quant à la représentation des organisations syndicales et professionnelles, elle reste garantie au moyen de plusieurs institutions, dont et au premier chef, le Conseil Economique et Social et ce, dans le cadre de la rationalisation de l'action des composantes du paysage institutionnel. Notre objectif ultime reste de consolider les fondements d'une régionalisation marocaine à travers tout le Royaume, avec, en tête, les provinces du Sahara marocain , une régionalisation fondée sur une bonne gouvernance propre à garantir une nouvelle répartition équitable, non seulement des attributions, mais aussi des moyens, entre le centre et les régions.
En effet, Nous ne voulons pas de régionalisation à deux vitesses : des régions privilégiées dotées de ressources amplement suffisantes pour leur essor, et des régions démunies sans atouts pour réaliser leur propre développement.
Cher peuple,.
Attaché à ce que la régionalisation dispose des atouts nécessaires pour atteindre sa pleine efficience, Nous avons décidé d'inscrire ce processus dans le cadre d'une réforme constitutionnelle globale vouée à la modernisation et la mise à niveau des structures de l'Etat.
Le Maroc a assurément réalisé d'importants acquis nationaux, grâce à l'action que Nous avons résolument conduite en faveur d'un concept renouvelé de l'autorité, et pour mettre en œuvre de profondes réformes et de grands chantiers dans le domaine politique et en matière de développement.
Nous avons, parallèlement, mené à bien des réconciliations historiques avant-gardistes, à travers lesquelles Nous avons consolidé les fondements d'une pratique politique et institutionnelle qui se trouve désormais en avance par rapport aux possibilités offertes par le cadre constitutionnel actuel.
Si Nous avons pleinement conscience de l'ampleur des défis à relever, de la légitimité des aspirations et de la nécessité de préserver les acquis et de corriger les dysfonctionnements, il n'en demeure pas moins que Notre engagement est ferme de donner une forte impulsion à la dynamique réformatrice profonde qui est en cours, et dont le dispositif constitutionnel démocratique constitue le socle et la quintessence.
La sacralité de nos constantes qui font l'objet d'une unanimité nationale, à savoir l'Islam en tant que religion de l'Etat garant de la liberté du culte, ainsi que la commanderie des croyants, le régime monarchique, l'unité nationale, l'intégrité territoriale et le choix démocratique, nous apporte un gage et un socle solides pour bâtir un compromis historique ayant la force d'un nouveau pacte entre le Trône et le peuple.
A partir de ces prémisses référentielles immuables, Nous avons décidé d'entreprendre une réforme constitutionnelle globale, sur la base de sept fondements majeurs :.
- Premièrement : la consécration constitutionnelle de la pluralité de l'identité marocaine unie et riche de la diversité de ses affluents, et au cœur de laquelle figure l'amazighité, patrimoine commun de tous les Marocains, sans exclusive.
- Deuxièmement : La consolidation de l'Etat de droit et des institutions, l'élargissement du champ des libertés individuelles et collectives et la garantie de leur exercice, ainsi que le renforcement du système des droits de l'Homme dans toutes leurs dimensions, politique, économique, sociale, culturelle, environnementale et de développement.
Cela devrait se faire notamment à travers la constitutionnalisation des recommandations judicieuses de l'Instance Equité et Réconciliation (IER), ainsi que des engagements internationaux du Maroc en la matière.
Troisièmement : La volonté d'ériger la Justice au rang de pouvoir indépendant et de renforcer les prérogatives du Conseil constitutionnel, le but étant de conforter la prééminence de la Constitution et de consolider la suprématie de la loi et l'égalité de tous devant elle.
- Quatrièmement : La consolidation du principe de séparation et d'équilibre des pouvoirs et l'approfondissement de la démocratisation, de la modernisation et la rationalisation des institutions, à travers :.
- Un parlement issu d'élections libres et sincères, au sein duquel la prééminence revient à la Chambre des représentants - avec une extension du domaine de la loi-, tout en veillant à conférer à cette institution de nouvelles compétences lui permettant de remplir pleinement ses missions de représentation, de législation et de contrôle.
- Un gouvernement élu, émanant de la volonté populaire exprimée à travers les urnes, et jouissant de la confiance de la majorité à la Chambre des représentants.
- La consécration du principe de la nomination du premier ministre au sein du parti politique arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants et sur la base des résultats du scrutin.
- Le renforcement du statut du Premier ministre en tant que chef d'un pouvoir exécutif effectif, et pleinement responsable du gouvernement, de l'administration publique, et de la conduite et la mise en œuvre du programme gouvernemental.
- La constitutionnalisation de l'institution du Conseil de gouvernement, la définition et la clarification de ses compétences.
- Cinquièmement : Le renforcement des organes et outils constitutionnels d'encadrement des citoyens, à travers notamment la consolidation du rôle des partis politiques dans le cadre d'un pluralisme effectif, et l'affermissement du statut de l'opposition parlementaire et du rôle de la société civile.
- Sixièmement : La consolidation des mécanismes de moralisation de la vie publique et la nécessité de lier l'exercice de l'autorité et de toute responsabilité ou mandat publics aux impératifs de contrôle et de reddition des comptes.
-Septièmement : La constitutionnalisation des instances en charge de la bonne gouvernance, des droits de l'Homme et de la protection des libertés.
Cher peuple,.
Suivant l'approche participative dont Nous avons consacré le principe dans toutes les réformes majeures engagées, Nous avons décidé de constituer une commission ad hoc pour la révision de la Constitution, en tenant compte, dans le choix de ses membres, des critères de compétence, d'impartialité et d'intégrité.
Nous en avons confié la présidence à M Abdeltif Mennouni, notoirement connu pour sa sagesse, sa grande maîtrise académique du droit constitutionnel, sa vaste expérience et son expertise juridique.
Nous invitons, par ailleurs, la commission à être à l'écoute et à se concerter avec les partis politiques, les syndicats, les organisations de jeunes et les acteurs associatifs, culturels et scientifiques qualifiés, en vue de recueillir leurs conceptions et points de vue à ce sujet.
Il appartient ensuite à la commission de soumettre les résultats de ses travaux à Notre Haute appréciation dans le courant du mois de juin prochain.
A travers ces orientations générales, Nous entendons mettre en place un cadre référentiel pour le travail de cette Commission. Cela ne la dispense pas, pour autant, de faire preuve d'imagination et de créativité pour proposer un dispositif constitutionnel avancé pour le Maroc d'aujourd'hui et de demain.
En attendant que le projet de la nouvelle Constitution soit soumis au référendum populaire, qu'il entre en vigueur après son approbation, et que soient mises en place les institutions qui en seront issues, les institutions actuelles continueront à exercer leurs fonctions dans le cadre des dispositions de la Constitution actuellement en vigueur.
A cet égard, Nous appelons à une mobilisation collective pour faire aboutir ce grand chantier constitutionnel. Nous devons tous être animés en cela de confiance, d'audace et d'une ferme volonté de placer les intérêts supérieurs de la nation au dessus de toute autre considération.
Nous exprimons également toute la fierté que Nous inspire le sens élevé de patriotisme dont fait preuve Notre peuple fidèle, avec toutes les catégories et les régions, tous ses partis et ses syndicats responsables, et avec sa jeunesse ambitieuse. Nous formons, en outre, le vœu que le débat national élargi couvre toutes les questions cruciales pour la patrie et les citoyens.
En lançant aujourd'hui le chantier de la réforme constitutionnelle, nous franchissons une étape majeure dans le processus de consolidation de notre modèle de démocratie et de développement.
C'est une étape que Nous entendons renforcer en poursuivant la réforme globale engagée dans les domaines politique, économique, social, culturel et de développement.
Nous nous y emploierons en veillant à ce que toutes les institutions et les instances remplissent au mieux le rôle qui leur incombe respectivement, et en demeurant attaché à la bonne gouvernance, à la justice sociale renforcée et à la consolidation des attributs d'une citoyenneté digne.
"Ma volonté est d'aller de l'avant sur la voie de la réforme, autant que je le puis. Puisse Dieu m'accorder Son soutien et gratifier mon action de succès. Je me confie à Lui et je reviens repentant vers Lui ". Véridique est la parole de Dieu.
Voici le texte intégral du
discours prononcé par SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, lors de
la cérémonie d'installation du Conseil Economique et Social (CES),
lundi au Palais royal à Casablanca :
"Louange à Dieu,
Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons,
Mesdames et Messieurs,
En
installant le Conseil Economique et Social, Nous donnons une forte
impulsion à la dynamique réformatrice que Nous avons enclenchée dès que
Nous est échue la mission d'assurer la conduite de Notre peuple fidèle.
Ce faisant, Nous avons constamment veillé à ce que la construction d'une
démocratie effective aille de pair et en concomitance avec le
développement humain durable.
Si Nous donnons le coup d'envoi de
ce Conseil aujourd'hui, c'est parce que Nous nous sommes constamment
refusé à céder à la démagogie et à l'improvisation dans Notre action
visant à consolider notre modèle singulier de démocratie et de
développement. Sachant que chaque chose doit intervenir en son temps, il
a fallu prendre le temps nécessaire pour faire murir le processus ayant
conduit opportunément à la mise en place de ce Conseil qui a vocation à
être une institution de bonne gouvernance en matière de développement.
C'est
dire que Nous ne sommes nullement disposé à laisser ce Conseil se muer
en une sorte de troisième Chambre. Nous entendons, au contraire, qu'il
soit un nouvel et large espace, apte à conforter ce qu'offre l'Etat des
institutions en termes de structures et d'instances de dialogue
constructif, d'expression responsable et de réactivité positive aux
aspirations des diverses catégories sociales et des différentes
générations.
Ainsi se trouve concrètement réaffirmée la démarche
que Nous suivons résolument pour associer les forces vives de la nation à
Notre quête de réponses collectives innovantes aux grandes questions de
développement qui retiennent toute Notre attention.
En nous nous
félicitant de la composition pluraliste du Conseil qui réunit en son
sein acteurs socio-économiques, tissu associatif et compétences
scientifiques et intellectuelles, Nous affirmons que Nous tenons pour
égaux tous les membres de cette institution.
Nous avons décidé de
nommer M. Chakib Benmoussa, Président du Conseil, et M. Driss
Guerraoui, Secrétaire général, et ce, au regard de leur compétence, leur
impartialité et leur savoir-faire. Nous attendons de toutes les
composantes du Conseil qu'elles se fédèrent et s'intègrent dans une
action collective, plaçant les intérêts supérieurs de la nation au
dessus de toute autre considération.
Si le Conseil a compétence
pour présenter au gouvernement ou au parlement des avis consultatifs et
des études prospectives de nature à renforcer et à enrichir leurs
actions respectives, Nous ne manquerons pas de les inviter, l'un et
l'autre, à requérir son avis, le cas échéant, concernant les questions
économiques et sociales, auxquelles Nous sommes d'autant plus attentif
qu'elles sont au coeur des droits et de la dignité de l'Homme, et
représentent le pilier de la justice sociale.
Il vous appartient
de veiller avec la plus haute attention à l'élaboration d'une nouvelle
charte sociale, fondée sur des partenariats contractuels majeurs,
propres à créer un environnement sain pour gagner les paris liés à la
modernisation de l'économie, au renforcement de sa compétitivité et à la
dynamisation de l'investissement productif.
Il vous incombe
aussi d'impulser l'adhésion de chacun à l'effort engagé pour assurer le
développement à une cadence accélérée, en vue de réaliser une juste
répartition de ses fruits, dans le cadre de l'équité sociale et de la
solidarité nationale.
Etant donné que la formation est inscrite
au coeur des attributions du Conseil, Nous attendons de vous que vous
proposiez des solutions efficientes à la problématique de la
qualification des ressources humaines. Celles-ci doivent, en effet,
disposer d'une formation professionnelle et d'un enseignement technique
leur permettant d'accéder au marché de l'emploi et de satisfaire aux
exigences des stratégies sectorielles et des chantiers structurants du
pays.
Notre but ultime est d'assurer les conditions d'une vie
digne à tous les Marocains, surtout aux plus démunis, et de réaliser un
développement global permettant de créer des emplois productifs,
notamment au profit de la jeunesse que Nous plaçons au coeur de Notre
politique de développement.
Mesdames, Messieurs,
Notre
volonté est inébranlable d'aller de l'avant dans la concrétisation du
modèle marocain, dont Nous réaffirmons le caractère irréversible.
D'ailleurs, Nous ne nous contenterons pas d'en préserver les acquis,
mais Nous entendons plutôt le consolider par de nouvelles réformes, et
ce, dans le cadre d'une profonde symbiose et d'une totale synergie entre
Nous-même et toutes les composantes de Notre peuple fidèle.
Avec
la même volonté, Nous sommes attaché à la poursuite de la réalisation
des réformes structurantes, suivant une feuille de route dotée d'une
vision et d'objectifs clairement définis, et fondée sur l'étroite
symbiose entre le Trône et le peuple. Notre but ultime est d'assurer à
tous les Marocains les conditions propices à l'exercice d'une
citoyenneté digne, dans le cadre d'un Maroc avancé, solidaire et
jouissant de son unité et de sa souveraineté pleines et entières.
Similar to the initiative I took regarding the new concept of authority, which is meant to ensure the good governance of public services, I have decided to launch a new concept for the reform of the legal system, under the motto 'The Judiciary: Serving the Citizen'",
the monarch said in his speech, Friday in Rabat, at the opening of the first session of the fourth legislative year of the eighth legislature.
HM the king underlined that "through the application of the above motto, we look forward to the advent of a legal system that is close to litigants, that applies simple, rapidly enforceable procedures, that is impartial, that uses modern facilities and that relies on competent, unbiased judges. We want the judiciary to boost development, uphold justice, promote the rule of law and oppose injustice.”
In this regard, HM the King insisted that “as much as it is separate from the executive and the legislative branches, the judiciary is an integral part of the authority of the state.”
He added that “this branch is entrusted with ensuring the primacy of the Kingdom’s Constitution and of the rule of law, and also with making sure that the rights of the citizens are upheld, and that they fulfil their obligations.”
The sovereign emphasized that “the proper implementation of the thorough reform of the legal system does not stop at the government and parliament. It hinges, primarily, on the judges carrying out their mission in a responsible manner.”
Moreover, the monarch affirmed his determined to build the authority of the state on the solid foundation of respect for the rule of law and the pre-eminence of the judiciary.
I wish to stress that the new concept of authority I introduced in the address I made on the subject in Casablanca, in October 1999, is still valid.”
HM King Mohammed VI noted that the new concept of authority “is neither a spur-of-the-moment decision to address a temporary situation, nor a mere slogan. This new concept of authority is part of a system of governance. As such, it needs to be implemented at all times, and both its letter and spirit should be upheld.”
The new concept of authority is not an isolated notion that applies only to local governments and authorities. This is a comprehensive, binding concept that has to be observed by all state representatives, across the executive, legislative and judicial branches,” the sovereign said.
Hence, as the First Servant of the nation, I shall continue to make sure this concept is enforced by all those who wield authority in the country, using, to this end, the mechanisms afforded by the law to ensure accountability, initiate legal action and apply sanctions, within the framework of an impartial judicial system,” HM the King added.
Rabat - HM King Mohammed VI announced his decision to launch a new concept for the reform of the legal system, under the motto "The Judiciary: Serving the Citizen".
Texte intégral du discours de SM le Roi à l'ouverture de la nouvelle session du parlement
Rabat- Voici le texte intégral du discours que SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, a prononcé vendredi à l'ouverture de la première session de la 4-ème année législative de la 8-ème législature:
"Louange à Dieu,.
Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.
Mesdames et Messieurs les honorables parlementaires,.
Nous présidons l'ouverture de cette nouvelle année législative dans un contexte où une forte volonté Nous anime de donner une forte impulsion à la dynamique réformatrice visant le parachèvement de la construction d'un modèle de développement original, typiquement marocain et parfaitement en phase avec les aspirations de Notre peuple fidèle.
Dans cette perspective, Nous entendons conforter les progrès enregistrés par notre pays, préserver son unité et assurer à nos concitoyens davantage de moyens pour leur garantir une vie digne.
Pour ce faire, nous capitalisons sur les réalisations déjà accomplies en matière de développement. Nous ne faisons, au passage, aucune distinction entre les grands, les moyens et les petits projets, d'autant plus qu'ils ont, chacun, vocation à servir la nation et les citoyens, surtout les jeunes, les franges sociales démunies et les régions défavorisées.
Notre démarche, dans cette entreprise, repose sur une politique participative, de proximité qui requiert la mobilisation de toutes les énergies et le déploiement de diverses initiatives, ainsi que l'optimisation de l'action de tous les conseils élus, parmi lesquels le parlement occupe une place prééminente.
Néanmoins, cette place prééminente nous interpelle tous et nous amène à nous interroger : dans quelle mesure le parlement assume-t-il pleinement le rôle qui est le sien comme levier démocratique de notre modèle de développement?.
Certes, le devoir d'équité veut que l'on apprécie à sa juste valeur la production législative positive ayant sanctionné vos efforts. Il n'en demeure pas moins vrai que Notre ambition, comme celle qui anime Notre cher peuple, est de veiller à ce que l'institution et les membres de la Chambre des représentants et de la Chambre des conseillers se hissent à un niveau leur permettant de se placer au cœur de cette dynamique réformatrice.
+S'agissant de l'institution parlementaire, il Nous a déjà été donné, lors de Notre premier discours prononcé devant cette instance, de souligner que pour améliorer la performance du parlement, il faut l'appréhender comme un seul et unique parlement composé de deux chambres et non comme deux parlements distincts.
Ceci requiert des partis politiques et des groupes parlementaires, qu'ils s'astreignent à une bonne gouvernance parlementaire et qu'ils s'imprègnent, à cet effet, d'une nouvelle culture politique, conjuguée avec une pratique parlementaire efficace et une plus forte présence des membres. Les travaux et les contributions qu'ils apportent pour répondre aux préoccupations effectives du peuple, doivent être également de meilleure facture.
Nous tenons donc à réaffirmer la nécessité de rationaliser le travail parlementaire, en mettant, d'abord, en cohérence les règlements intérieurs des deux Chambres et en veillant à ce que celles-ci remplissent leur mission de façon homogène et complémentaire, comme étant une seule et même institution.
Leur objectif commun est de veiller à la qualité des lois et à l'exercice d'un contrôle efficient, et de s'impliquer dans un débat constructif sur les questions nationales, notamment la bonne gouvernance territoriale et la nécessité de préserver et de renforcer les mécanismes démocratiques et les outils du développement.
+Pour ce qui concerne le député, l'adhésion au processus de réformes vous fait l'obligation de ne pas perdre de vue que, dans l'hémicycle, c'est, d'abord et avant tout, la volonté populaire que vous représentez.
C'est dire que la qualité de membre du parlement n'est pas tant un privilège personnel, mais plutôt une charge impliquant le devoir de s'atteler résolument, de façon responsable et engagée, à la recherche de solutions réalistes aux questions pressantes qui préoccupent le peuple.
Il s'agit en l'occurrence et par ordre de priorité, de l'enseignement utile, du logement décent, de la couverture médicale efficiente, de l'environnement sain et de l'incitation à l'investissement générateur d'emplois et ce, dans le cadre du développement humain et durable.
Voilà pourquoi il est indispensable de renforcer les relations de coopération positive entre le Législatif et l'Exécutif, et aussi entre une majorité solidaire et une opposition constructive. Outre l'exigence de respect mutuel, cette collaboration doit procéder d'une adhésion commune aux dispositions de la Constitution et aux valeurs démocratiques, à l'intégrité des institutions et à la sacralité des intérêts supérieurs de la nation.
Honorables parlementaires,.
Nous tenons à marquer Notre ferme détermination à consolider l'autorité de l'Etat, en veillant à ce que la suprématie de la loi et la grandeur d'une justice efficiente en forment le socle et les piliers inébranlables. Nous réaffirmons donc que le nouveau concept de l'autorité, proclamé dans Notre discours fondateur dudit concept, à Casablanca, en octobre 1999, reste toujours de mise et garde toute sa pertinence.
Ce n'est ni une mesure de circonstance dictée par une conjoncture passagère, ni un label destiné à la consommation. Il s'agit plutôt d'une doctrine de pouvoir marquée par l'attachement permanent à l'esprit et à la lettre du concept, qui demeure constamment de rigueur et en vigueur.
Ce concept ne s'entend pas non plus selon une acception parcellaire, qui le confine à la seule administration territoriale. Il a, au contraire, une dimension globale et un caractère contraignant pour tous les pouvoirs et les organes de l'Etat, qu'ils soient exécutifs, législatifs ou judiciaires.
Voilà pourquoi, cher peuple, ton premier Serviteur veillera toujours à la préservation de ce concept et à sa bonne application par tout détenteur de pouvoir, à qui il appartient de mettre en œuvre, sous le contrôle d'une justice intègre, les mécanismes juridiques de suivi, de reddition des comptes et de sanction, prévus à cet effet.
A cet égard, Nous réaffirmons que, s'il est indépendant du Législatif et de l'Exécutif, le pouvoir judiciaire n'en constitue pas moins une partie intégrante de l'autorité de l'Etat de droit et des institutions.
De fait, la justice a pour mission de veiller à la primauté de la Constitution du Royaume, de garantir la suprématie des lois et de défendre les droits et le respect des obligations, inhérents à la citoyenneté.
A ce propos, Nous insistons sur le fait qu'une bonne application de notre plan pour la réforme profonde du système de justice, ne se limite pas à la seule action du gouvernement et du parlement, mais elle dépend essentiellement du sens des responsabilités qui doit animer les magistrats dans l'exercice de leurs fonctions.
A l'instar de Notre initiative instaurant le nouveau concept de l'autorité pour assurer une bonne gestion des affaires publiques, Nous avons décidé d'instituer un nouveau concept pour la réforme de la justice, sous l'intitulé " la justice au service du citoyen".
En mettant "la justice au service du citoyen", Nous entendons faire émerger une justice proche des justiciables, marquée par la simplicité et la célérité de ses procédures, la probité de ses jugements et la modernité de ses structures, une justice rendue par des magistrats compétents et impartiaux, fermement attachée à la suprématie de la loi, à la protection des droits et au redressement des injustices et vouée à la dynamisation du processus de développement.
Mesdames et Messieurs les honorables parlementaires,.
Face à une conjoncture dominée par les retombées et les ramifications de la crise économique et financière mondiale, et dans un contexte national marqué par les profondes réformes en cours, Nous nous attendons à ce que vous vous investissiez fortement, pour mettre au point ces réformes, notamment en adoptant des législations avancées et en exerçant un contrôle efficient à leur sujet.
Dans la phase actuelle, l'examen du projet de loi de finances reste un moment fort pour prendre la juste mesure de l'action parlementaire efficiente. Dans le cas d'espèce, il ne s'agit pas seulement de discuter et voter un budget se déclinant en comptes et en chiffres, mais plutôt de donner corps aux choix majeurs et aux grands programmes de développement du pays.
Vous devez, donc, faire preuve d'un sens élevé du devoir et collaborer de façon constructive et fructueuse avec le gouvernement afin de trouver des solutions efficientes permettant de résoudre la difficile équation, posée par la nécessité de préserver les équilibres fondamentaux et la dynamique de développement, tout en composant avec les contraintes liées aux ressources limitées disponibles.
Sur le plan stratégique, la défense de la marocanité de notre Sahara, qui reste la cause sacrée de notre pays, exige que vous vous mobilisiez ensemble, avec l'efficacité et la constance requises, sur tous les fronts et au sein de toutes les instances locales, régionales et internationales pour faire échec aux manœuvres désespérées des adversaires de notre intégrité territoriale.
Il vous appartient aussi d'animer la mobilisation populaire générale et d'engager des initiatives constructives pour gagner un soutien accru en faveur de notre proposition audacieuse d'autonomie, et ce, dans le cadre d'une diplomatie parlementaire et partisane agissant en cohérence et en synergie avec l'action efficiente de la diplomatie gouvernementale.
Soucieux de voir le parlement apporter une contribution plus substantielle à l'effort de développement, Nous tenons à ce que vous puissiez tirer le meilleur parti des avis consultatifs pertinents du Conseil Economique et Social (CES) qui sera, avec l'aide de Dieu, installé dès parachèvement du processus inhérent à sa composition.
Nous vous engageons aussi à donner la priorité à la finalisation et l'adoption de la loi-cadre sur l'environnement et le développement durable, gage de l'avancement de notre pays, au présent comme à l'avenir.
Mesdames et Messieurs les honorables parlementaires,.
Vous devez garder à l'esprit qu'au terme de votre mandat, le bilan de votre action, tant à titre individuel qu'au niveau de vos formations respectives, sera évalué à l'aune des progrès tangibles qui auront été réalisés en matière de développement.
Telle est la voie à emprunter si l'on veut redonner ses lettres de noblesse à l'action politique et parlementaire et réhabiliter les partis politiques qui pourront, ainsi, s'acquitter au mieux de la mission dont ils sont constitutionnellement investis, à savoir contribuer à l'encadrement judicieux des citoyens, assurer leur représentation et aider à la préparation d'élites aptes à gérer les affaires publiques. Il leur appartient également de contribuer à l'éclosion d'une culture citoyenne, imprégnée des valeurs d'attachement aux sacralités de la nation et à la défense des causes et des intérêts supérieurs du pays.
"Si Dieu reconnaît un bien en vos cœurs, Il vous en accordera de bien meilleures choses". Véridique est la parole de Dieu.
la protection des deniers publics contre toute forme de dilapidation et de gaspillage
La consolidation d'un climat
économique propice à l'investissement et au développement passe par
une bonne
gouvernance publique, laquelle suppose un effort de moralisation et de
protection des deniers publics contre toute forme de dilapidation et
de gaspillage.
Elle implique également le devoir de combattre toutes les pratiques
inhérentes à l'économie de rente et les autres privilèges indus.
Discours de SM le Roi Mohammed VI
à l'occasion de la Fête
du Trône
Tanger le : 30/07/2009
Discours de SM le Roi Mohammed VI
à l'occasion de la Fête
du Trône Tanger le : 30/07/2009
SM le Roi Mohammed VI a adressé, jeudi,
un important discours à la
Nation, à l'occasion du 10-ème anniversaire de l'accession
du Souverain au Trône de Ses glorieux ancêtres. Voici le texte intégral de ce
discours: "Louange à Dieu, Paix et salut sur le Prophète, Sa famille et
Ses compagnons,. Cher peuple, Nous célébrons aujourd'hui le dixième
anniversaire de Notre accession au Trône. C'est une occasion privilégiée qui constitue
un moment fort pour faire le point objectivement sur l'état de la nation et
pour esquisser les perspectives d'avenir. Nous sommes communément convaincus
que le Maroc a franchi, en matière de construction démocratique et de
développement, des étapes majeures qui marquent un tournant important dans l'histoire
du Royaume. Je considère qu'il est de Ma responsabilité de te dire sans
ambages qu'il est impératif d'engager des actions hardies et déterminées pour
éliminer les écueils et corriger les dysfonctionnements ayant affecté ce
parcours. Notre but est de parachever la construction du Maroc de l'unité, de
la démocratie et du développement. Il s'agit, en effet, d'assurer la mise à
niveau de notre pays et de le mettre en situation de relever les défis qui se
posent dans un contexte mondial aux prises avec de multiples contraintes et
de profondes mutations. La concrétisation de ces desseins passe
nécessairement par une plus grande célérité dans la réalisation des chantiers
dédiés au développement. Elle induit également la nécessité de renforcer ces
chantiers par de nouvelles réformes et de s'assurer de leur gestion selon les
règles de bonne gouvernance. Mais si long et ardu que puisse être le chemin à
parcourir, nous n'en serons que plus déterminés à maintenir le cap et à faire
avancer le pays sur la voie du progrès et de la prospérité. Notre atout
majeur, pour y parvenir, réside dans des constantes nationales fondamentales
que Nous ne cessons, du reste, de rénover. Il s'agit, au premier chef, de l'unité
de l'Islam sunnite malékite, dont Nous assumons, en Notre qualité d'Amir Al-Mouminine,
la charge de moderniser l'édifice institutionnel et l'espace cultuel. Nous
entendons, effectivement, en prémunir le caractère modéré et tolérant contre
les risques d'extrémisme et d'ostracisme, tout en confortant la coexistence
entre notre foi tolérante et les autres religions et cultures. Nous tenons, avec
autant de détermination, à renforcer l'identité marocaine, en veillant à la
réhabilitation de ses multiples affluents, dans lesquels notre unité
nationale puise sa force et sa richesse. Par ailleurs, en proposant l'Initiative
d'autonomie, avec sa profondeur démocratique et son horizon maghrébin, Nous
avons raffermi davantage encore l'unanimité nationale autour de la préservation
de l'intégrité territoriale de notre pays. Dans la mesure où la Monarchie constitue la
clef de voûte des constantes nationales, Nous avons veillé à l'ériger en
Monarchie citoyenne, en Nous attachant à consolider l'Etat de droit et des
institutions et à renforcer la démocratie participative, la bonne gouvernance
et la politique de proximité. Parallèlement, Nous nous sommes employé à faire
prévaloir les règles d'équité à l'égard des femmes ainsi que des couches
sociales et des régions défavorisées. Nous l'avons confortée dans son essence
comme Monarchie agissant en parfaite symbiose avec toutes les composantes de
la nation, transcendant les tendances politiques et catégorielles, et résolue
à assumer les responsabilités de commandement et d'impulsion qui incombent au
Trône, lequel est le dépositaire des causes suprêmes de la patrie et des
citoyens, et le catalyseur du progrès. Afin de donner son expression tangible
à cette démarche, Nous avons œuvré pour que le citoyen soit, à la fois, l'acteur,
le moteur et la finalité même de toutes nos initiatives et tous nos projets
de réformes et de développement. C'est dans cet esprit que Nous avons lancé l'Initiative
Nationale pour le Développement Humain. D'ailleurs, Nous avons accueilli les
premiers résultats enregistrés dans ce cadre avec une satisfaction qui n'a d'égale
que Notre détermination à venir à bout des difficultés et des écueils qui
viendraient à surgir. Aussi, avons-Nous décidé d'imprimer une nouvelle et
forte impulsion à ce chantier de règne, en ayant constamment en vue :. 1- La
recherche d'une plus grande efficacité et davantage de réalisations. A cet
effet, Nous appelons tous les acteurs à tenir compte, lors de la préparation
des projets de l'INDH, de la spécificité de ceux-ci, tout en s'assurant de
leur pérennité et de leur synergie avec les différents programmes sectoriels
et les plans de développement communaux, 2- La nécessité de soumettre lesdits
projets au contrôle et à l'évaluation, et veiller à donner corps aux
recommandations de l'Observatoire national de l'INDH, et 3- L'impératif de se
focaliser sur les microprojets, générateurs d'emplois et de revenus stables, surtout
dans le contexte économique difficile actuel. Cher peuple, Le développement
humain, tel que Nous l'envisageons, s'entend dans son acception intégrée, établissant
une corrélation entre la hausse du taux de croissance économique et la
répartition équitable des fruits de cette croissance, et faisant de la
cohésion sociale l'ultime finalité du développement humain et de l'efficacité
économique. Nous nous sommes donc attaché à ce que le Maroc soit doté des
équipements de base nécessaires à son développement et à sa prospérité, et à
mettre en chantier de grands projets structurants. Aussi, avons-Nous veillé à
l'adoption de stratégies ambitieuses par les secteurs fondamentaux les plus
prometteurs de notre économie, en l'occurrence le tourisme, l'industrie, l'habitat,
l'énergie et les ressources en eau, ainsi que le secteur clef de l'agriculture,
où s'est amorcée la mise en œuvre du Plan Maroc Vert. Nous tenons, de nouveau,
à rendre grâce au Très-Haut pour la bonne campagne agricole dont Il nous a
gratifiés, et qui a permis d'atténuer l'impact de la conjoncture économique
mondiale difficile sur notre pays, surtout le milieu rural. Grâce à la
justesse de nos choix, à l'efficience de nos programmes de réformes et au
raffermissement de la solidarité sociale et spatiale, notre pays a été
relativement épargné par les répercussions économiques et sociales d'une
crise financière mondiale aigue. Pour autant, cela ne doit pas occulter les
fragilités structurelles qu'une crise d'une telle ampleur a révélées ou, pour
certaines, exacerbées. Nous appelons donc l'ensemble des autorités et des
acteurs concernés pour qu'ils s'attellent conjointement à y remédier. Ils se
doivent, à cet effet, de faire preuve d'une forte détermination et d'une
grande créativité qui permette de trouver des solutions courageuses, adaptées
aux exigences de la conjoncture délicate qui prévaut actuellement. Il faut, à
cet égard, se départir de toute forme de passivité ou d'attentisme et s'abstenir
des replâtrages et autres palliatifs. A ce propos, Nous exhortons le
gouvernement à redoubler d'efforts pour mettre au point des plans pro-actifs,
anticipatifs et audacieux, en vue de stimuler l'économie et d'assurer la
protection sociale nécessaire. Au même titre que la protection de nos
sacralités religieuses et nationales qui est une charge dont Nous sommes le
dépositaire, Nous veillons à ce que chacun s'astreigne aux constantes économiques
et sociales, qui figurent au cœur de la bonne gouvernance en matière de
développement. Ces règles s'imposent à tous et en toutes circonstances, surtout
lorsqu'il s'agit de faire face à des conjonctures délicates. Ainsi, au plan
économique, il est essentiel de faire preuve d'une vigilance de tous les
instants, face aux aléas économiques internationaux. La fermeté est également
de mise pour préserver les équilibres fondamentaux qui sont le fruit de
réformes structurelles et l'aboutissement d'un effort collectif de toutes les
composantes de la nation. C'est un acquis qu'on ne saurait laisser
compromettre en aucune manière, et quelles que soient les contraintes. Il est
également fondamental d'emprunter les voies les plus judicieuses pour
réaliser les objectifs de développement socio-économique. Il y a lieu, à ce
titre, d'assurer une coordination rigoureuse et un suivi permanent des
politiques publiques, en veillant à ce que celles-ci soient en synergie
réelle avec les mutations internationales, et en faisant preuve d'une
ouverture positive sur la mondialisation. Quelle qu'en soit l'ampleur, la
crise ne devrait pas servir de prétexte à la frilosité et au repli. Bien au
contraire, elle devrait pousser à un effort imaginatif accru, car elle est
porteuse d'opportunités qu'il convient de fructifier par des initiatives
économiques audacieuses, propres à renforcer le positionnement économique
régional et international du Maroc. Aussi faudrait-il œuvrer pour susciter
une interaction féconde entre les différents plans, si l'on veut que le
produit marocain gagne en qualité et en compétitivité, de manière à
redynamiser les exportations et à préserver les équilibres financiers
extérieurs. La situation exige également de fructifier, de façon optimale, les
acquis que nous avons engrangés dans le domaine des échanges commerciaux. La
consolidation d'un climat économique propice à l'investissement et au
développement passe par une bonne gouvernance publique, laquelle suppose un
effort de moralisation et de protection des deniers publics contre toute
forme de dilapidation et de gaspillage. Elle implique également le devoir de
combattre toutes les pratiques inhérentes à l'économie de rente et les autres
privilèges indus. Le Maroc qui, à l'instar de tous les pays en développement,
affronte des défis majeurs et pressants en matière de développement, a
pleinement conscience de la nécessité de préserver l'environnement et de
répondre aux impératifs écologiques. Face à ces exigences et conformément à
ces engagements, Nous réaffirmons qu'il est nécessaire de poursuivre la
politique de mise à niveau graduelle et globale, tant au niveau économique qu'au
plan de la sensibilisation, et ce, avec le concours des partenaires régionaux
et internationaux. A ce propos, Nous appelons le gouvernement à élaborer un
projet de Charte nationale globale de l'environnement, permettant la
sauvegarde des espaces, des réserves et des ressources naturelles, dans le
cadre du processus de développement durable. La Charte devrait également
prévoir la préservation des sites naturels, vestiges et autres monuments
historiques qui font la richesse d'un environnement considéré comme un
patrimoine commun de la nation, dont la protection est une responsabilité
collective qui incombe aux générations présentes et à venir. En tout état de
cause, il appartient aux pouvoirs publics de prévoir le volet protection de l'environnement,
dans les cahiers de charges concernant les projets de développement. La
réforme judicieuse du système d'éducation et de formation est la voie essentielle
à emprunter pour relever les défis du développement, car il faut bien
reconnaître qu'il ne s'agit pas d'une simple réforme sectorielle, mais d'un
combat salutaire face à un défi d'une grande ampleur. Or, pour y parvenir, nous
n'avons d'autre choix que de promouvoir la recherche et l'innovation, et d'assurer
la mise à niveau de nos ressources humaines, qui représentent notre principal
atout. Leur qualification est de nature à consolider l'égalité des chances et
à permettre de construire la société et l'économie du savoir et de mettre à
la disposition de nos jeunes des emplois productifs. La sphère sociale est
aussi fondamentale que le domaine économique pour les chantiers de
développement que Nous conduisons et dont Nous assurons le suivi in situ, à
travers le Royaume. Dans ce cadre, Nous considérons que le renforcement de la
justice sociale est un élément clef de Notre doctrine du pouvoir. Nous
appelons donc le gouvernement à conforter davantage cette démarche qui est
déjà nettement bien affirmée. Il lui appartient, à cet effet, d'accorder la
priorité, dans les politiques sociales de l'Etat, aux catégories sociales et
aux régions accusant le plus de déficit. C'est dire qu'il est impératif de
redresser les politiques suivies jusque-là et de réajuster tous leurs
mécanismes et leurs champs d'intervention, sans jamais se départir des
exigences d'équité, de rationalisation et d'efficacité. Il faut faire preuve
d'imagination et d'ingéniosité pour mettre au point des solutions innovantes.
Il faut également agir avec audace et responsabilité, sans jamais céder à des
velléités politiciennes, ni aux tentations d'instrumentalisation populiste
des choses. Nous avons le souci de concrétiser, dans un climat sain et serein,
les objectifs de ces politiques sociales innovantes, et appelons donc à la
mise en place d'un nouveau contrat social. C'est pourquoi Nous réaffirmons la
nécessité d'opérationnalisation du Conseil Economique et Social, comme cadre
institutionnel de dialogue. Cette institution a vocation à être une force de
proposition permettant de mettre au point et d'affiner cette Charte de façon
à mieux servir les objectifs de développement de notre pays. Il faut, en
effet, que le Maroc puisse poursuivre son processus de réformes, et être en
mesure d'affronter les conjonctures délicates, tout en consolidant la
confiance de ses partenaires et en renforçant son attractivité en termes d'investissement
et de compétences. Afin de conforter l'entraide sociale à travers une
solidarité spatiale, Nous invitons le gouvernement à mettre au point une
stratégie novatrice, vouée à l'amélioration des conditions de vie des
populations des zones montagneuses et à la valorisation de leurs
potentialités économiques, culturelles et écologiques. Nous sommes certain
que les Marocains, animés tous d'un esprit de citoyenneté engagée et d'une
volonté d'agir avec assurance et résolution, ne manqueront pas d'adhérer à l'effort
engagé sous Notre impulsion pour favoriser l'émergence d'un modèle sociétal
solidaire et équilibré. Nous tenons, à ce propos, à rendre hommage à nos
citoyens de l'immigration, qui manifestent, à l'égard de leur mère patrie, un
attachement sans faille, dans les heurs comme dans l'adversité. Car, en effet,
et nonobstant les retombées de la crise économique mondiale, ils sont résolument
attachés à leur terre d'origine, le Maroc, et de plus en plus nombreux à s'y
rendre, heureux d'y retrouver les leurs. Nous exhortons donc le gouvernement
à continuer à s'occuper de leur situation, tant au sein de la patrie qu'à l'extérieur.
Cher peuple, La bonne gouvernance constitue assurément la clef de voûte de l'édifice
en construction, celui du développement et de la démocratie. Notre pays vient
de franchir, à travers le dernier scrutin local, une nouvelle étape dans le
renforcement de la normalité de la pratique démocratique, confortée elle-même
par une représentativité féminine consolidée au sein des conseils communaux. Mais
ce qui est encore plus important, c'est que le Maroc puisse relever, avec
succès, le défi du développement local régional, lequel demeure, à l'évidence,
tributaire de la disponibilité d'élites qualifiées. Aussi appelons-Nous les
élus locaux à prendre leurs responsabilités, en s'employant à répondre aux
besoins quotidiens pressants des citoyens, et en mettant en œuvre, à cet
effet, des programmes réalistes. Il leur appartient, donc, de rechercher une
plus grande proximité vis-à-vis des citoyens et de veiller à une bonne
gestion de leurs affaires. Ils doivent faire prévaloir l'intérêt général au-delà
de toute autre considération, et œuvrer de concert avec les forces
productives et associatives, et avec les pouvoirs publics. A cet égard, il
appartient à chacun de veiller au respect scrupuleux de la suprématie de la
loi, et à faire preuve d'une fermeté constante pour dissuader ou réprimer
tout manquement en la matière. Dans Notre résolution à promouvoir la
gouvernance territoriale, Nous avons décidé de lancer un chantier fondamental
de réformes, en l'occurrence la mise en place d'une régionalisation avancée
qui, Nous le souhaitons, marquera un saut qualitatif dans le processus de
démocratie locale. A cet égard, Nous comptons procéder, sous peu, à l'installation
de la commission consultative sur la régionalisation. Nous attendons de cette
commission qu'elle soumette à Notre Haute Appréciation, dans quelques mois, une
conception générale de ce que pourrait être le modèle marocain d'une
régionalisation avancée, assurée par des conseils démocratiques, dans le
cadre d'une répartition cohérente des compétences entre le centre et les
régions. Nous l'invitons également à engager une réflexion approfondie sur
les voies et moyens à mettre en œuvre pour faire de nos provinces du Sud un
véritable modèle en matière de régionalisation avancée, de manière à
consolider la gestion démocratique de leurs affaires locales et les habiliter
à exercer des compétences plus larges. Parallèlement, Nous exhortons le
gouvernement à diligenter l'élaboration d'une Charte de déconcentration
administrative, sans laquelle aucune régionalisation efficiente ne peut être
envisagée. Aussi est-il nécessaire de transcender les mentalités
centralisatrices figées. Nous considérons, donc, que c'est à l'aune de la
régionalisation avancée et de la déconcentration élargie, que l'on mesurera
les progrès réalisés dans la réforme et la modernisation des structures de l'Etat.
Convaincu que Nous sommes qu'il ne saurait y avoir de bonne gouvernance sans
une réforme profonde de la justice, Nous allons t'entretenir prochainement, avec
l'aide de Dieu, de la mise en chantier de cette réforme, après avoir reçu les
conclusions des larges consultations qui ont été engagées à ce propos. Cher
peuple, Avec la même fermeté et la même détermination, Nous nous sommes
attaché à donner une forte impulsion à notre diplomatie, en veillant à ce que
la fermeté sur les principes, le pragmatisme dans les approches, l'efficience
des moyens d'action et la tangibilité des résultats enregistrés soient ses
atouts majeurs. Nous la voulons constamment mobilisée pour défendre la cause
sacrée du Royaume, celle de son intégrité territoriale, préserver les
intérêts supérieurs de la nation, consolider son rayonnement à l'échelle
régionale et internationale et contribuer activement à son développement par
le biais d'une diplomatie économique efficiente. Nous lui avons également
imprimé un nouveau souffle, en favorisant essentiellement les interactions et
les synergies entre nos politiques nationales et l'agenda international et en
articulant ces politiques autour de six axes majeurs, le premier étant l'expression
de notre engagement inébranlable à œuvrer à la construction d'une Union
Maghrébine stable, intégrée et prospère. A cet égard, notre pays est animé
par une volonté sincère de contribuer à l'émergence des conditions
nécessaires à la dynamisation de l'action maghrébine commune, en tant que
choix stratégique propre à concrétiser les ambitions des cinq peuples de la
région en matière de développement intégré et complémentaire. Cette démarche
est à même de répondre aux exigences inhérentes au partenariat régional et
aux impératifs liés à l'ère des groupements internationaux. Aussi, réaffirmons-Nous
Notre volonté sincère de normaliser les relations maroco-algériennes dans le
cadre d'une vision prospective et constructive, qui tranche avec les
positions anachroniques héritées d'une époque révolue. Incompatibles avec l'esprit
d'ouverture prévalant au vingt-et-unième siècle, ces positions sont marquées
notamment par l'obstination des autorités algériennes à maintenir la
fermeture unilatérale des frontières terrestres. Cette attitude, regrettable
et injustifiée, est contraire aux droits fondamentaux de deux peuples voisins
et frères, notamment celui d'exercer leurs libertés individuelles et
collectives en matière de circulation et d'échanges humains et économiques. Avec
le même esprit unitaire maghrébin, Nous poursuivrons inlassablement nos
efforts et notre coopération à l'appui des démarches constructives des
Nations unies, visant à parvenir à une solution politique, consensuelle et
définitive au différend régional suscité autour de la marocanité de notre
Sahara. Partant de là, Nous réitérons notre attachement à l'Initiative
audacieuse d'autonomie, compte tenu du sérieux et de la crédibilité qui lui
sont internationalement reconnus, tant il est vrai qu'elle repose sur des
principes fondamentaux qui sont autant de gages en matière des droits de l'homme,
et qu'elle a vocation à assurer la réconciliation et la réunification de tous
les fils du Sahara marocain. Elle ouvre un horizon maghrébin et régional
constructif, nourrissant l'espoir de pouvoir relever les défis du
développement dans la région, et d'assurer progrès et prospérité à ses
habitants. Avec la même détermination, Nous entendons poursuivre nos efforts
pour le raffermissement des liens de fraternité arabe et islamique, que ce
soit en leur conférant une portée économique concrète, vouée au développement
effectif, ou en veillant à faire prévaloir les causes justes de notre nation.
En tête de ces efforts, figure l'action que Nous menons en tant que Président
du Comité Al-Qods pour veiller à la préservation de l'identité de la ville
sainte et la sauvegarde de son statut en tant que capitale de l'Etat
palestinien indépendant et pleinement souverain. A cet égard, Nous
réaffirmons notre adhésion à la position unanime de la communauté internationale
concernant la vision de deux Etats. Nous nous félicitons de l'engagement de l'administration
américaine en faveur d'un règlement juste, avec tous les impératifs et les
arrangements y afférents. Le troisième axe de notre politique étrangère porte
sur la mise en œuvre de la politique de solidarité et de coopération suivie
par le Royaume à l'égard des Etats africains frères, avec, au premier chef, les
pays voisins du Sahel. Cette politique apparaît à travers les efforts
déployés avec persévérance, pour construire avec ces pays de véritables
partenariats, fondés sur les intérêts communs et la volonté conjointe de
réaliser le développement durable. A cet effet, nous mettons à leur
disposition nos expériences et notre savoir-faire, en nous impliquant dans
des projets structurants dédiés au développement humain, de manière à faire
de ce partenariat un modèle de coopération sud-sud. Par ailleurs, Nous sommes
attaché à la mise en œuvre optimale du statut avancé et privilégié de notre
partenariat avec l'Europe. Aussi, engageons-Nous tous les acteurs nationaux à
mutualiser leurs efforts, afin d'assurer la mise à niveau requise pour
relever les défis inhérents à ce statut, tout en mettant à profit les
opportunités que celui-ci offre dans tous les domaines. Parallèlement, il
faudrait continuer à apporter une contribution efficiente pour gagner les
nouveaux paris régionaux, dont la mise en œuvre de l'initiative prometteuse
concernant l'Union pour la Méditerranée. Dans le même contexte, il importe
d'aller de l'avant dans l'action menée pour diversifier nos partenariats et
développer encore davantage les relations privilégiées que nous entretenons
avec les différentes régions du monde. Dans le cadre de Notre vision globale
de l'action diplomatique, il est nécessaire de renforcer notre adhésion
active à l'agenda multilatéral et de conforter notre engagement en faveur du
règlement des problèmes d'envergure. Cher peuple, Nous saisissons cette
occasion historique pour renouveler Notre engagement à continuer résolument à
te conduire et te guider, fidèle en cela au pacte indéfectible de la Beia mutuelle. C'est
également avec la même ambition, la même volonté sincère et la même
clairvoyance que Nous réaffirmons Notre détermination à redoubler d'efforts
pour que le processus de développement en cours dans notre pays puisse
atteindre sa vitesse de croisière. Pour y parvenir, nous nous appuyons sur la
parfaite symbiose entre le Trône et le peuple, ainsi que sur la mobilisation
des énergies pour relever les défis, en faisant preuve de persévérance dans l'action,
et de foi inébranlable dans l'avenir. Ce faisant, Nous exprimons notre
fidélité à la mémoire immaculée de Notre Auguste Grand-Père et de Notre
vénéré Père, feu Leurs Majestés les Rois Mohammed V et Hassan II, bénie soit
leur âme. Nous assurons de toute Notre considération et Notre sollicitude, les
Forces Armées Royales, l'Administration territoriale et toutes les forces
publiques, en l'occurrence la Gendarmerie Royale, la Sûreté nationale, les
Forces auxiliaires et la
Protection civile, pour leur dévouement dans la défense de
l'intégrité territoriale de la patrie et la préservation de la sécurité et de
la stabilité de la nation. Ton Premier Serviteur qui te porte une profonde
affection élève au Très-Haut des prières sincères pour qu'Il protège tous les
Marocains, où qu'ils se trouvent, et perpétue les bienfaits dont Il gratifie
notre paisible pays. J'implore également le Tout-Puissant pour qu'Il fasse
aboutir les efforts louables que chaque Marocaine et chaque Marocain déploient,
au pays comme ailleurs, pour concrétiser leurs ambitions et leur aspiration
au mieux-être et au bonheur. Fasse-t-il que par notre action collective, notre
chère patrie puisse toujours apprécier les bienfaits de l'unité, de la
stabilité, du progrès et de la prospérité. Dieu est un excellent Maître et un
excellent Défenseur. "Dis : " Voici mon chemin. J'en appelle à Dieu,
moi, et ceux qui me suivent, en toute clairvoyance". Véridique est la
parole de Dieu. Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh".
Conférence Internationale sur le Financement du Développement, DOHA
Texte
intégral du Message adressé par Sa Majesté le Roi aux participants de la Conférence
Internationale sur le Financement du Développement, DOHA.
Louange
à Dieu,.
Prière
et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons,
Louange
à Dieu,.
Prière
et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons,
"Louange
à Dieu,
Prière
et Salut sur le Prophète,
Sa
famille et Ses compagnons,
Mes
chères filles, mes chers garçons,
membres
du Parlement de l'enfant,
Mesdames,
Messieurs,
Il
M'est agréable d'adresser, tout d'abord, l'expression la plus sincère de
remerciements et d'estime à Mon Cher Frère, Son Altesse Cheikh Hamad Ben
Khalifa Al-Thani, Emir de l'Etat du Qatar, qui a mis en place les conditions
nécessaires à la réussite de cette importante rencontre. Je tiens également à
rendre hommage à l'Etat frère du Qatar pour le rô le majeur qu'il joue au
sein de la communauté internationale, surtout dans le domaine du soutien
apporté au développement.
Nous
nous réunissons aujourd'hui dans un contexte international délicat, marqué
par une crise financière internationale aigue, qui est venue s'ajouter à la
crise énergétique et à celle des produits alimentaires de première nécessité
auxquelles notre monde se trouve confronté. Ce sont là autant de facteurs
sensibles qui risquent de rejaillir sur le processus de Monterrey.
La
participation du Maroc à cette conférence marque la volonté réelle qui nous
anime de poursuivre le processus enclenché par "le Consensus de
Monterrey ". Une telle démarche devrait nous permettre de relever les
défis majeurs qui interpellent les pays en développement en matière de
financement du développement, et ce, par le biais d'actions et d'initiatives
rigoureusement définies et adaptées à l'ampleur des enjeux existants.
A
cet égard, Je me félicite de l'engagement de tous dans la mise en œuvre du
Consensus de Monterrey, ceci d'autant plus que des progrès tangibles ont été
réalisés concernant le niveau d'engagement des pays en développement dans les
réformes de leurs politiques macroéconomiques, et dans l'instauration d'un
environnement national propice à l'investissement.
De
même, des efforts louables ont été entrepris au niveau international, par les
bailleurs de fonds, notamment en ce qui concerne l'aide publique au
développement, et la nécessité d'en accroître l'efficacité, ainsi que l'allégement
de la dette extérieure des pays pauvres les plus endettés.
Néanmoins,
l'écart demeure important entre les résultats obtenus et les engagements pris,
notamment celui en vertu duquel 0,7 pc du PNB devrait être consacré à l'aide
publique au développement.
De
même, la mise en œuvre du Consensus de Monterrey se trouve confrontée à de
nombreux obstacles et autres contraintes, liés notamment à l'endettement, à l'insuffisance
des flux financiers et à l'impasse persistante dans les négociations
commerciales multilatérales, outre le déficit croissant des balances
commerciales et l'augmentation des flux de capitaux en provenance des pays du
Sud, à destination des pays développés.
La
plupart des pays du monde, et en particulier ceux du Sud, se trouvent
désormais dans l'incapacité de suivre ou, du moins, d'influencer le
fonctionnement du système financier international actuel. L'on relève, par
ailleurs, l'absence d'un système de gouvernance économique et financière qui
soit de nature à redresser ces déséquilibres et ces disparités et à refléter,
en même temps, le poids croissant des pays du Sud dans l'économie mondiale.
En
outre, la flambée des cours des produits agricoles, l'instabilité des prix
des produits énergétiques au niveau mondial, ainsi que les retombées des
changements climatiques, sont autant de facteurs qui hypothèquent les efforts
entrepris par la majorité des pays en développement et pénalisent les
ambitions qui les animent pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le
Développement.
La
réunion de haut niveau sur l'Afrique et le Sommet sur les Objectifs du
Millénaire pour le développement, qui ont eu lieu en septembre dernier, à New
York, ont permis de faire le point sur les étapes franchies en la matière. C'était
également l'occasion d'identifier les contraintes inhérentes à la mise en
œuvre des objectifs tracés et de définir les mesures à prendre, aux niveaux
national et international, pour répondre présent au rendez-vous de 2015.
Bien
qu'un certain nombre de pays en développement et de pays à revenu
intermédiaire soient en bonne voie d'atteindre nombre de ces objectifs, il
persiste encore de fortes disparités entre ces pays et à l'intérieur de
chacun d'entre eux.
Aussi
appelons-Nous la communauté internationale à prêter toute l'attention requise
aux pays les plus pauvres qui ne peuvent se passer de l'aide publique au
développement. Nous l'exhortons également à œuvrer de sorte que les pays à
revenu intermédiaire puissent continuer à bénéficier du soutien des pays
donateurs et des institutions financières internationales.
La
situation qui prévaut dans le continent africain, ne cesse, quant à elle, d'interpeller
l'ensemble de la communauté internationale. Car, malgré les mesures
audacieuses prises par la plupart des Etats africains pour libéraliser l'économie,
instaurer la bonne gouvernance et conforter l'Etat de droit, ceux-ci ne
seront toujours pas en mesure de réaliser leurs objectifs de développement, si
leurs partenaires ne leur apportent pas un appui conséquent en la matière.
Monsieur
le Président,.
Le
Maroc ne peut que partager le vœu des pays en développement pour que la
communauté internationale saisisse l'opportunité qui nous est offerte aujourd'hui,
afin de prendre des décisions cruciales visant à donner un nouvel élan à la
mise en œuvre du Consensus de Monterrey et à renforcer la coopération
internationale pour le développement, le but ultime étant de relever les
défis présents et futurs qui se posent en la matière.
Du
haut de cette tribune, Nous appelons, donc, la communauté internationale à
établir une feuille de route précise qui prenne en considération les enjeux
actuels et les défis à venir.
A
cet égard, il importe d'œuvrer à une relance des flux d'aide au développement,
de sorte à les hisser au niveau fixé par la communauté internationale. Il
convient aussi de rehausser la qualité de cette aide et d'en améliorer l'efficacité
et la prévisibilité, en renforçant l'appropriation nationale qui en est faite,
à la lumière des priorités des pays bénéficiaires et conformément à la Déclaration de Paris
et du Programme d'Action d'Accra.
Il
est tout aussi nécessaire d'adopter les instruments nécessaires afin de
trouver des sources innovantes de financement, et de veiller au suivi et à la
mise en œuvre des initiatives lancées depuis 2006, outre l'impératif d'alléger
le fardeau de la dette supporté par les pays en développement et les pays à
revenu intermédiaire.
Parallèlement,
Nous appelons tous les pays, particulièrement les pays développés, à faire
preuve de flexibilité pour mener à terme les négociations commerciales
multilatérales. Nous les engageons aussi à entamer une réforme globale du
système financier international, de manière à permettre aux pays en
développement de s'associer à la conception des politiques financières, et à
renforcer le rôle qu'ils jouent au sein des institutions financières
internationales.
Monsieur
le Président,.
Dans
le cadre des efforts qu'il déploie pour mettre en œuvre les objectifs de
Monterrey, le Royaume du Maroc n'a ménagé, pour sa part, aucun effort pour
concrétiser les engagements pris à cet effet. Nous avons ainsi réalisé des
progrès significatifs en la matière, à travers d'importantes réformes
engagées au niveau de notre politique macroéconomique.
En
effet, le Royaume du Maroc s'est engagé, depuis le début des années 80, dans
un processus continu de réformes structurelles et sectorielles. Parallèlement
à cela, il y a eu l'adoption d'une politique économique et financière visant
à assurer les conditions nécessaires à l'avènement d'une croissance
économique forte, saine et durable, permettant la réalisation des objectifs
de Développement du Millénaire.
Nous
sommes soucieux d'aller de l'avant dans cette entreprise de réforme en
lançant une nouvelle génération de réformes économiques et sociales. Nous
nous attachons, en même temps, à poursuivre la consolidation de l'édifice
démocratique de notre pays, à conforter l'Etat de droit et à appliquer les
règles de bonne gouvernance dans tous les domaines.
Si
Nous avons pu entreprendre et mener à bonne fin ces réformes, c'est bien
grâce à une gestion rationnelle de nos ressources et à la stimulation de l'investissement
productif dans notre pays.
Concernant
la gestion de la dette publique, la stratégie du Maroc a été de substituer l'endettement
intérieur à l'endettement extérieur, le but étant de minimiser la
vulnérabilité des finances publiques face aux fluctuations des marchés
financiers internationaux.
Afin
de promouvoir la bonne gouvernance et d'insuffler plus de dynamisme à l'activité
économique du pays, la réforme du système fiscal, y compris la modernisation
de l'administration fiscale, a permis de réaliser, au cours des dernières
années, de bonnes performances en matière de recettes fiscales.
Le
Royaume du Maroc, qui poursuit sa politique d'ouverture économique et
commerciale, soutient le système commercial multilatéral. Outre l'action qu'il
mène dans le cadre de la diversification et de la multiplication des
opportunités offertes en la matière, afin de moderniser son cadre juridique
commercial, et de mettre en place un meilleur environnement des affaires, il
s'emploie à la mise en œuvre de plusieurs accords de libre échange, notamment
ceux qu'il a conclus avec ses principaux partenaires.
Concernant
son engagement à concrétiser les objectifs du Millénaire pour le
Développement, le Maroc a été en mesure d'en réaliser un grand nombre, notamment
ceux liés à la promotion du développement humain, à l'amélioration de la
situation sociale et sanitaire des populations démunies, et à la mise en
place des infrastructures de base.
Dans
ce cadre, l'Initiative Nationale pour le Développement Humain, que Nous avons
lancée en mai 2005, forte d'une approche de proximité et de suivi, a commencé
à produire les résultats escomptés, à savoir la volonté de mettre fin à la
pauvreté et à la précarité, en milieu urbain et rural, l'amélioration des
conditions de vie des populations et la réalisation d'un équilibre régional
et local, en matière de politique de développement.
Cependant,
et malgré d'importants acquis engrangés dans ce domaine, le Royaume du Maroc
reste confronté à des défis majeurs, notamment les risques de ralentissement
de la croissance économique, la vulnérabilité aux aléas climatiques, et l'insuffisance
relative des indicateurs sociaux du pays en matière d'éducation, de santé et
d'emploi.
Si
le chemin à parcourir reste long, la volonté du Maroc n'en est pas moins
ferme pour gagner les paris du développement durable, dans le cadre d'une
solidarité agissante envers les pays du Sud et d'une coopération fructueuse
avec les pays du Nord.
Monsieur
le Président,. Majestés, Altesses, Excellences,. Mesdames et Messieurs,.
Le
Royaume du Maroc exprime son engagement fort à appliquer les dispositions de
la déclaration finale, issue de cette conférence d'évaluation, et à leur
accorder la place qu'elles méritent dans le cadre de sa stratégie de
développement nationale. Il entend ainsi apporter son concours à l'effort de
solidarité internationale et œuvrer à la dynamisation du processus de
développement qu'il connaît, et ce, dans l'intérêt compris des générations
présentes et à venir.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé, mercredi soir, un discours à la nation à l'occasion du 55e anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple. En voici le texte : "Louange à Dieu, Prière et Salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons, Cher peuple, Nous célébrons aujourd'hui le cinquante-cinquième anniversaire de la glorieuse Révolution du Roi et du peuple, qui constitue une épopée dédiée à l'indépendance de la patrie. Cette révolution incarnait un exemple hors pair de la symbiose régnant entre un Roi et son peuple, indéfectiblement attachés l'un à l'autre et solidement unis dans le combat commun pour l'indépendance et la dignité. Dans cette marche épique, le point d'orgue fut atteint lorsque notre vénéré grand-père, feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, préféra les affres de l'exil et de l'éloignement du Trône, en marquant, au nom de principes immuables, son refus catégorique de céder sur la souveraineté de la nation, ou de se prêter à un quelconque marchandage à cet égard. Les sacrifices consentis par le Roi pour la liberté et la dignité de la nation n'avaient d'égal que l'abnégation du peuple marocain - et au premier chef les masses populaires - pour lequel aucun sacrifice n'était trop cher payé pour son Roi légitime. Leur combat héroïque fut couronné, à terme, par le retour triomphal à son Trône du Sultan qui incarnait l'unité et la souveraineté nationale, et par le recouvrement de l'indépendance du Maroc. Pour grandiose que fût cet événement historique, notre auguste grand-père n'y a vu, en définitive, que l'aboutissement de ce qui s'apparentait, pour lui, à un petit Djihad, c'est-à-dire le combat mené à l'époque pour en finir avec le protectorat, en prélude au grand Djihad, voué, lui, à l'édification du Maroc moderne. Et c'est à la concrétisation de ce grand dessein que s'est attelé, avec résolution et abnégation, son compagnon de lutte, notre vénéré père, Sa Majesté le Roi Hassan II - que Dieu sanctifie son âme - qui avait à cœur de bâtir une nation unifiée, dotée d'institutions constitutionnelles, jouissant d'un essor économique et social constant et d'une aura internationale reconnue. Depuis que nous avons pris en charge la conduite de ta destinée, nous t'avons promis de faire de l'épopée du 20 Août une révolution renouvelée du Roi et du peuple pour concrétiser l'ambition qui nous anime de faire accéder l'ensemble des Marocains à tous les attributs de la citoyenneté pleine et entière et de la vie dans la dignité. Dans la poursuite de cette quête, nous nous appuyons sur la parfaite symbiose qui règne entre le Trône et le peuple, en gardant constamment à l'esprit les valeurs de sacrifice et de solidarité, dont cette révolution est porteuse. Il y a donc, pour nos jeunes générations, une nécessité impérieuse de s'imprégner davantage de ces valeurs et de mobiliser la volonté, les potentialités et les ambitions qui les habitent, pour s'investir résolument dans l'action menée en vue de relever les défis internes et externes qui interpellent le Maroc d'aujourd'hui et de demain. Cher peuple, Le discours que nous t'adressons cette année intervient dans une conjoncture sans précédent dans l'histoire de l'économie mondiale. Il coïncide aussi avec une période marquée par les charges supplémentaires que doivent supporter les familles démunies en raison des dépenses induites par le mois béni du Ramadan et la rentrée scolaire. L'une et l'autre contraintes ne manquent évidemment pas de grever le pouvoir d'achat des citoyens. Voilà pourquoi nous avons jugé que ce discours est l'occasion idoine pour réaffirmer Notre volonté d'alléger les fardeaux qui pèsent sur les épaules des catégories les plus nécessiteuses. Cette action doit s'inscrire dans une démarche solidaire, axée sur la consolidation de la dimension sociale des réformes profondes en cours dans plusieurs secteurs clés qui touchent directement le quotidien des citoyens, et ce en application des orientations contenues dans le dernier discours du Trône. "L'enseignement vient en tête des secteurs devant faire l'objet de ces réformes auxquelles Nous attachons la plus haute importance. A cet égard, il nous a paru judicieux de procéder au lancement d'une opération nationale visant à donner une forte impulsion à la généralisation de l'enseignement fondamental et à l'affirmation de son caractère obligatoire, de sorte à garantir l'égalité des chances en matière d'enseignement et à lutter contre le phénomène de décrochage scolaire. Cette opération consistera à doter un million d'enfants nécessiteux de manuels et de fournitures scolaires. Par cet octroi, Nous entendons venir en aide aux familles démunies pour leur permettre de faire face aux frais de la prochaine rentrée scolaire. Cette opération sera financée, pour l'essentiel, à partir des crédits alloués à l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), ainsi que des contributions apportées par les autorités et les institutions concernées, les collectivités locales, les instances et les associations crédibles. A travers cette démarche, nous concrétisons notre ferme volonté de veiller à la bonne mise en œuvre du programme d'urgence relatif à la réforme du système d'éducation. A cet égard, Nous engageons le gouvernement à mettre au point un plan rigoureux de logement au profit des femmes et des hommes de l'enseignement, exerçant en milieu rural, et à se prévaloir des différentes formules partenariales et contractuelles disponibles pour en assurer la réalisation. Notre vœu est d'assurer de bonnes conditions de travail et de stabilité à la famille de l'enseignement travaillant à la campagne, notamment dans les zones reculées, et de l'inciter ainsi à s'acquitter au mieux de la mission pédagogique qui lui incombe. Avec la même détermination, Nous veillons à la mise en œuvre optimale de la réforme et de la modernisation de l'agriculture, ainsi que la mise à niveau de ce secteur pour qu'il puisse répondre aux exigences de productivité et de compétitivité. Cet objectif requiert d'assurer une visibilité globale à même de favoriser la réalisation des investissements rentables dans ce secteur vital. A cet effet, nous donnons nos instructions à notre gouvernement pour qu'il prenne les mesures nécessaires en vue de la prorogation, jusqu'à fin 2013, du régime fiscal agricole en vigueur actuellement. Dans cette perspective, nous sommes déterminé à mettre en place un régime d'impôts en matière agricole, fondé sur les principes de justice fiscale et de solidarité sociale, ainsi que sur la nécessaire préservation de la compétitivité des activités agricoles. Tout ceci doit s'inscrire dans le cadre de la cohérence globale du système fiscal national. Aussi, engageons-nous l'Exécutif à mettre au point, pour le secteur agricole, une ébauche cohérente d'un système fiscal approprié et progressif. Le nouveau régime fiscal envisagé devrait être adopté et mis en application à compter de la loi de finances 2014. Par ailleurs, le nouveau régime d'impôts adapté au monde agricole devrait prendre en considération la précarité sociale des petits agriculteurs, et refléter le devoir de solidarité à leur égard, en continuant à subventionner les cultures traditionnelles vivrières à faible rendement. Afin de compléter l'éventail des outils de soutien social, nous exhortons le gouvernement à mettre en œuvre les mécanismes législatifs et institutionnels nécessaires pour renforcer le pouvoir d'achat des citoyens, contrôler les prix et combattre la corruption. A cet effet, nous appelons l'Exécutif et le Législatif à diligenter l'adoption du Code de protection du consommateur. Parallèlement, il importe de veiller à l'application stricte de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence - notamment en mettant en marche le Conseil de la concurrence - et ce pour garantir une bonne gouvernance économique. Dans le cadre de la moralisation de la vie publique, il faudrait procéder à l'installation de l'Instance centrale pour la prévention de la corruption. Certes, le citoyen peut parfaitement comprendre que le renchérissement du coût de la vie soit lié à la hausse des prix sur le marché mondial. Mais ce qu'il ne saurait admettre, c'est d'être livré en pâture à la rapacité des spéculateurs et des réseaux d'intermédiaires. De même, le citoyen ne devrait, en aucune manière, faire les frais des éventuels manquements des autorités qui ne s'acquitteraient pas pleinement du devoir qui leur incombe en matière de régulation, de contrôle et de répression. Il va sans dire, en effet, qu'un marché libre ne doit aucunement être synonyme d'anarchie, encore moins de pillage. Il appartient, donc, à chacun de faire preuve de vigilance et de fermeté, de se prévaloir de la force de la loi et de l'autorité d'une justice indépendante et d'user des mécanismes de contrôle et de reddition de comptes, pour mettre un terme à l'impunité et sévir contre la magouille et la fraude. Cela devient plus impératif dès lors qu'il s'agit des moyens de subsistance du peuple, ou des spéculations sur les prix, ou encore de tirer profit de l'économie de rente et des privilèges issus de pratiques clientélistes. Cela s'impose encore plus face à la prévarication, la concussion, la corruption, l'abus de pouvoir et la fraude fiscale. Cher peuple, Quelle qu'en soit l'efficacité, la gestion des contraintes conjoncturelles ne saurait se substituer à la nécessité de multiplier les efforts pour mettre en œuvre les politiques publiques, les initiatives privées et les actions associatives que requiert l'amélioration des conditions sociales des citoyens. Nos grandes orientations et nos programmes en matière de développement exigent la mobilisation de tous, de sorte que chacun puisse s'investir pleinement dans la conception et la réalisation de programmes novateurs visant à améliorer le vécu quotidien du citoyen, et à créer des richesses génératrices d'emplois pour nos jeunes. Ils interpellent aussi toutes les forces productives de notre pays, avec au premier chef, le secteur bancaire. Concernant ce dernier, il faut désormais mettre en place des mécanismes de pointe qui l'inciteraient à marquer de façon plus efficiente son adhésion à l'effort national de développement économique et social. Notre préoccupation de toujours est d'assurer la mise à niveau de notre jeunesse ambitieuse et prometteuse, pour lui permettre de contribuer, sous notre ferme conduite, à la réalisation d'une croissance économique forte et d'un développement social équilibré, sans exclusion ni marginalisation. Nous avons, en effet, l'ambition de voir l'ensemble de nos citoyens vivre librement et dignement, dans le Maroc de l'unité, du progrès, du développement et de la solidarité. C'est là le témoignage le plus éloquent de notre fidélité à la mémoire immaculée des chefs et des martyrs de la Révolution du 20 Août, avec, à leur tête, Notre Vénéré Grand-Père et Notre Auguste Père, que Dieu les ait en Sa Sainte Miséricorde. Puisse Le Très-Haut guider nos pas et nous aider à préserver l'esprit ayant animé notre épopée glorieuse : la révolution du Roi se sacrifiant pour son peuple, et la révolution du peuple par loyauté envers son Roi. Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh".
عقدت الهيئة الوطنية لحماية المال العام جمعا عاما يوم السبت 10 يونيه 2006 بمقر هيئة المحامين بالرباط من التاسعة صباحا الى الرابعة وعشرين دقيقة ،حضره عدد هام من نشطاء الهيئة الوطنية لحماية المال العام بالمغرب
يمثلون المدن التالية
الرباط
سلا
الدار البيضاء
المحمدية
خريبكة
وادي زم
مكناس
بوعرفة
وجدة
ابن سليمان
أكادير
الفقيه بنصالح
سيدي سليمان
القنيطرة
مكناس
طنجة
الجديدة
آسفي
تمارة
والخميسات
وبعد المصادقة على جدول الأعمال تمت تلاوة ومناقشة مشروع الأرضية و القانون الأساسي وصادق الجمع العام على مشروعي الأرضية والقانون الأساسي للهيئة الوطنية لحماية المال العام بالمغرب، والذي يتضمن28 مادة .
وتشكلت أجهزة الهيئة الوطنية لحماية المال العام بالمغرب من اللجنة الإدارية، والمكتب التنفيذي وأسفرت العملية الانتخابية على تشكيل المكتب التنفيذي التالية أسماؤه :
محمد طارق السباعي (محام)
محمد حاد(جمركي)
خالد خالص(محام)
فاتحة الادريسي (أستاذة جامعية)
جبرون حسن (مهندس فلاحي)
مصطفى كميل (باحث)
محمد متلوف(معطل)
فطومة توفيق (محامية)
بلمعلم التهامي (اطار بنكي)
محمد سمير بوزيد (انتروبولوجي)
محمد السدراتي (صحفي)
لحسن بجغيرو (حقوقي)
زهير أصدور (مدير جريدة)
حسن الصبار (جمعوي)
محمد العمراني(مهندس فلاحي)
العزيزة الكبير (محامية)
الطيب لزرق (محام)
أبو القسم سامر (أستاذ جامعي)
فخري عبد العزيز (مدرس)
محمد شماعو (محام)
وسيعقد المكتب التنفيذي أول اجتماع له يوم السبت المقبل لتوزيع المهام، وللإشارة فان من بين الأجهزة التي يتضمنها القانون الأساسي المصادق عليه ( المجلس الوطني) والذي يتكون من اللجنة الإدارية وكتاب الفروع وأمناء المال أو من يمثلهما من أعضاء مكتب الفرع ومن عضوين من أعضاء الهيئات والنقابات والجمعيات الحقوقية والمنظمات النسائية والشبابية والجمعيات الملتزمة بأهداف الهيئة، ورؤساء اللجان والخبراء