C’est demain, samedi 12 novembre, que démarre la campagne électorale au Maroc. L’Etat s’arme des grands moyens pour veiller au bon déroulement de celles-ci, en augmentant ses contributions matérielles mais aussi en indiquant sa ferme intention de sanctionner tout écart de conduite des candidats.

 La campagne électorale des législatives anticipées sera marquée par une grande précipitation, même si officieusement nombre de politiques ont entamé de très larges opérations de séduction depuis voilà des mois. Passages télévisés, conférences, interviews et polémique dans des agoras publiques, tout est bon pour faire parler de soi. Quoi qu’il en soit, officiellement, c’est demain samedi que ça débute.

 De l’argent en plus pour les partis

 Les parades en ville ou en campagne, les porte-voix assourdissants et les milliers d’affiches ne tarderont pas à remplir les rues. Les partis et les candidats mettront les moyens qu’il faut pour séduire l’électeur, mais pas autant qu’ils le souhaiteraient. Fini les blagues des brochures lâchées par des aéroplanes ou les grands festins de sept jours et sept nuits ; l’Etat a bien signifié sa volonté de pister les dérapages.

 Mais d’abord, elle a augmenté le montant de sa contribution à l’opération et c’est un décret qui le confirme :  « Le montant global de la contribution de l'Etat au financement des campagnes électorales des partis politiques participant au scrutin général pour l'élection des membres de la chambre des représentants, prévu le 25 novembre 2011, a été fixé à 220 millions de dirhams ». Somme qui dépasse de 10 % celle octroyée en 2007 et qui est largement majorée par celle des législatives de 2002, laquelle ne dépassait pas les 150 millions de dirhams. C’est que, selon l’estimation du gouvernement, les candidats doivent dépenser vers les 350.000 dirhams au lieu des 250.000 admis antérieurement.

 Pour le financement des partis politiques, l’Etat contribuera selon deux critères. Le premier consiste en le nombre de voix obtenues par chaque parti dans les différentes circonscriptions et au niveau national. Le  second est basé sur le nombre de sièges obtenus par chaque parti au niveau national.

 Attention, l’Etat surveille !

 Pour contourner toute tentative de corruption, les candidats devront établir un listing de toutes les sources de financement de leurs campagnes, accompagné par un inventaire des sommes dépensées étayé par des justificatifs.

 L’Etat compte, ainsi, barrer la route aux dépenses frauduleuses mais en même temps à l’exagération des partis puissants et des candidats riches. L’achat des voix est on ne peut plus banal dans le jeu électoral. La surveillance de ce genre de digressions s’annonce compliquée, voire techniquement impossible mais l’effort s’avère nécessaire.

 Dans un délai d'un mois après l'annonce des résultats, les candidats devront déposer leurs inventaires et leurs justificatifs auprès de la Cour des comptes. Dans le cas d’un retard, celle-ci avise l’élu concerné pour qu'il s’y conforme, sinon, il risque de perdre son siège au parlement. C’est là un moyen de mettre les partis et les candidats à pied d’égalité dans cette course vers le parlement, qui prendra fin un jour avant le scrutin.

 

Fedwa Misk