En vertu de ce dahir, le Conseil est une institution
nationale pluraliste et indépendante, chargée de connaître de toutes les
questions relatives à la défense et à la protection des droits de
l'Homme et des libertés, à la garantie de leur plein exercice et à leur
promotion, ainsi qu'à la préservation de la dignité, des droits et des
libertés individuelles et collectives des citoyens, et ce, dans le
strict respect des référentiels nationaux et universels en la matière.
Il
veille, à cet effet, à l'observation, à la surveillance et au suivi de
la situation des droits de l'Homme aux niveaux national et régional,
assisté dans l'exercice de ses attributions, à travers toutes les
régions du Royaume, par des structures régionales des droits de l'Homme,
sous forme de commissions qui lui sont rattachées chargées, dans la
limite de leur compétence, d'assurer la protection et la promotion des
droits de l'Homme, aux niveaux local et régional.
Le Conseil
surveille les cas de violation des droits de l'Homme dans toutes les
régions du Royaume et peut procéder aux investigations et enquêtes
nécessaires chaque fois qu'il dispose d'informations confirmées et
fiables sur la survenance de ces violations, et ce, quelle qu'en soit la
nature ou l'origine.
Il peut même inviter, s'il y échet, les
parties concernées et toute personne dont le témoignage peut éclairer le
Conseil, pour les auditionner et compléter ainsi les informations et
les données relatives aux plaintes dont il est saisi ou à l'occasion des
cas examinés par lui de sa propre initiative.
De même, le
Conseil peut intervenir par anticipation et d'urgence chaque fois qu'il
s'agit d'un cas de tension qui pourrait aboutir à une violation
individuelle ou collective des droits de l'Homme et ce, en déployant
tous les moyens nécessaires de médiation et de conciliation qu'il juge
appropriés afin d'empêcher la survenance de ladite violation.
En
tant qu'institution nationale de protection des droits de l'Homme, le
CNDH peut effectuer des visites aux lieux de détention et aux
établissements pénitentiaires et surveille la situation des détenus et
le traitement qui leur est réservé, ainsi qu'aux centres de protection
de l'enfance et de la réinsertion, les établissements hospitaliers
spécialisés dans le traitement des maladies mentales et psychiques et
aux lieux de rétention des étrangers en situation irrégulière.
En
matière de promotion des droits de l'Homme, le Conseil examine et
étudie l'harmonisation des textes législatifs et réglementaires en
vigueur avec les conventions internationales relatives aux droits de
l'Homme et droit international humanitaire que le Royaume a ratifiées ou
auxquelles il a adhéré, ainsi qu'à la lumière des observations finales
et des recommandations émises par les instant onusiennes concernant les
rapports qui leur sont présentés par le gouvernement.
Le Conseil
national des droits de l'Homme contribue à l'élaboration des rapports
que le gouvernement présente aux instances issues des conventions
internationales et aux autres institutions internationales et régionales
compétentes, en exécution des engagements internationaux du Royaume.
Cette
instance nationale veille à la promotion des principes et des règles du
droit international humanitaire, et ce, à travers la coordination des
activités des différentes autorités concernées par les questions du
droit international humanitaire, le suivi de l'application des
conventions internationales que le Royaume a ratifié ou auxquelles il a
adhéré et la contribution aux programmes d'éducation, de formation, de
formation continue, de sensibilisation et de communication dans le
domaine du droit international humanitaire.
Il veille à établir
une étroite coopération et un partenariat constructif avec le système
des Nations unies et les institutions qui en relèvent ainsi qu'avec les
institutions internationales, régionales et étrangères compétentes en
matière de protection et de promotion des droits de l'Homme, et oeuvre
au renforcement du rôle que le Royaume joue dans ce domaine à l'échelle
internationale.
Le Conseil soumet à la Haute Appréciation de SM
le Roi des propositions ou des rapports spéciaux et thématiques sur tout
ce qui est de nature à contribuer à une meilleure protection et à une
meilleure défense des droits de l'Homme.
D'autre part, le CNDH
ouvre à l'organisation des forums nationaux, régionaux ou internationaux
sur les droits de l'Homme afin d'enrichir le dialogue et la pensée sur
les questions des droits de l'Homme, leurs évolutions et leurs
perspectives et contribue au renforcement de la construction
démocratique par le bais de la promotion du dialogue sociétal pluriel et
le perfectionnement de tous les moyens et mécanismes appropriés à cet
effet, y compris l'observation des opérations électorales.
Afin
de favoriser et encourager, à l'échelle nationale, régionale et
internationale, toutes les initiatives visant à promouvoir la pensée des
droits de l'Homme et l'action menée sur le terrain dans ce domaine, un
"prix national des droits de l'Homme" sera créé à cet effet et décerné à
toute personne ou tout organisme méritant.
Pour ce qui est de
ses mécanismes régionaux, les commissions régionales assurent la mise en
oeuvre des programmes et des projets du Conseil en matière de promotion
des droits de l'Homme et contribuent, sous la supervision du Conseil, à
encourager et à faciliter la création des observatoires régionaux des
droits de l'Homme regroupant en leur sein les associations et les
personnalités actives dans le domaine des droits de l'Homme.
Ces observatoires assurent le suivi de l'évolution des droits de l'Homme au niveau régional.
Le
Conseil national des droits de l'Homme se compose, outre son président
et son secrétaire général, son chargée de la promotion de la
communication entre le citoyen et l'Administration et les présidents des
commissions régionales existantes, de trente membres nommés par dahir
pour un mandat de quatre ans renouvelable.
Les membres du Conseil
sont choisis parmi les personnalités notoirement connues pour leur
impartialité, leur probité morale, leur attachement sincère aux valeurs
et principes des droits de l'Homme, leur apport émérite en faveur de la
protection et de la promotion de ces droits, pour leur compétence
intellectuelle et leur expertise dans le domaine, de manière à concilier
entre la pluralité, la compétence, l'expertise, la représentation de la
femme et la représentation régionale.
Ils sont répartis selon
les catégories suivantes: 8 membres choisis par SM le Roi, 11 proposés
par les organisations non gouvernementales actives dans le domaine des
droits de l'Homme et reconnues pour leur travail sérieux en la matière, 8
membres dont la candidature est portée par les présidents des deux
chambres du Parlement, 2 autres choisis parmi les parlementaires après
consultation des groupes parlementaires et 2 choisis parmi les experts
marocains exerçant au sein des instances internationales concernées par
les droits de l'Homme.
Pour le Président de la Chambre des
conseillers, 4 membres proposés par le ou les organismes respectivement
représentatifs des professeurs universitaires et des journalistes
professionnels, l'Ordre national des médecins et l'Association des
barreaux du Maroc, 2 membres proposés par les instances
institutionnelles religieuses supérieures et un par l'Amicale Hassania
des magistrats.
Le président et les membres du Conseil jouissent
de toutes les garanties nécessaires à même d'assurer leur protection et
leur indépendance lors de l'exercice de leurs missions ou de toute
activité étroitement liée à ces missions, alors qu'ils doivent
s'abstenir de rendre toute position, d'afficher toute conduite ou
d'effectuer toute action de nature à porter atteinte à leur
indépendance.
Pour l'accomplissement de ses missions, le CNDH
procède à la création de groupes de travail permanents et de comités
spécialisés, et tient quatre sorte de réunions, celles tenues sur ordre
de SM le Roi en vue d'examiner une question que le Souverain lui soumet
pour consultation et avis, celles des sessions ordinaires qui se
tiennent quatre fois par an au maximum, celles tenues à l'initiative des
deux tiers au moins des membres du Conseil et celles qui se tiennent
pour des besoins d'urgence à l'initiative du président du Conseil.