| L’économie nationale a résisté aux fortes turbulences qui ont traversé l’économie mondiale.
Les réformes macroéconomiques, structurelles, sectorielles et sociales accompagnées par la politique des grands chantiers ont instauré les conditions d’une croissance plus forte et à long terme nous confortant dans une position solide au départ de la crise avec des marges de manoeuvre satisfaisantes pour affronter les chocs avec sérénité. Face à la crise, si la vigilance s’est imposée dans la gestion des charges et des ressources publiques, la politique de développement dont celle des grands chantiers structurants s’est poursuivie à travers des politiques budgétaire et monétaire contra-cycliques et coordonnées qui ont permis par ailleurs de soutenir la demande des ménages et d’accompagner les secteurs exposés à la crise. Le recul de la demande extérieure et la faiblesse de l’offre exportable ont pu être amorties par la contribution toujours soutenue de la demande intérieure à la croissance économique.
La consommation des ménages a joué un rôle important comme composante principale de la demande intérieure et sa contribution à la croissance s’accroît.
Mais c’est au niveau de l’investissement qu’une réelle rupture s’est opérée.
La dynamique d’investissement appuyée par un secteur financier restructuré et répondant aux standards internationaux, a porté le taux d’investissement brut à plus de 36% du PIB en 2009. Les investissements du Budget Général de l’Etat et des Etablissements publics en continuelle croissance, ont constitué un levier important pour l’investissement privé, sans exercer de pression sur le budget de l’Etat dont le déficit reste maîtrisé à 2,2% après deux ans de quasi-équilibre et le ratio de la dette a maintenu sa tendance baissière ramenée à 46,9% du PIB en 2009. Dans ce contexte, la réduction continue des taux de financement confortée par la crédibilité croissante d’une banque centrale réactive, et une inflation à moins de 2% entre 1998 et 2008, 1% en 2009, couronnent les performances précitées et maintiennent les conditions d’une croissance plus forte, durable et créatrice d’emplois. Ainsi, les indicateurs sociaux se sont continuellement améliorés. Le taux de chômage s’est progressivement réduit pour se situer autour de 9% contre plus de 11% en 2005.
Un accroissement notable a été enregistré au niveau du revenu moyen par habitant, de l’espérance de vie, de la scolarisation et de l’accès à la santé et aux infrastructures de base.
De ce fait, et grâce à l’INDH dans son approche basée sur la proximité, la concertation et l’implication des populations dans l’identification et la réalisation de leurs projets, les chantiers engagés ont donné leurs fruits.
Le taux de pauvreté relative est passé de 15,3% en 2001 à 8,8% en 2008. En conséquence, 1,8 million de marocains sont sortis de la pauvreté et 1,3 million ont échappé à la vulnérabilité. L’année 2010 consolide la dynamique engagée depuis plus d’une décennie et confirme la pertinence des choix retenus.
Conscients des fragilités structurelles que la crise a révélées dont certaines sont prises en charge dans les politiques sectorielles, le Comité de Veille Stratégique a permis une gestion concertée et continue entre le gouvernement, le secteur privé et le système bancaire. Les mesures prises dans ce cadre ont permis aux entreprises de traverser cette période de perturbation, de maintenir l’emploi et de se préparer à l’après-crise.
Les résultats sont probants à la lumière des perspectives de redressement de l’environnement économique mondial.
L'évolution conjoncturelle des activités sectorielles a révélé les signes de reprise des secteurs concernés par la crise (Automobile, composants électroniques, tourisme, OCP et transferts des MRE). Parallèlement et comme l’a souligné Sa Majesté Le Roi dans son dernier Discours du 30 juillet 2010, ces avancées ne sauraient être suffisantes pour « parachever la construction du modèle de développement que nous voulons spécifiquement marocain reposant sur une croissance soutenue propre à conforter notre politique de solidarité sociale favorisant la réalisation d’un développement durable prenant en compte les impératifs de la protection sociale de l’environnement et dont la méthodologie repose sur les règles de bonne gouvernance ». La deuxième partie du REF 2011 revient sur ces axes stratégiques, dégage les écueils et les défis qui restent à relever et tente de nourrir la réflexion sur les niches porteuses pour plus de croissance puisant dans l’innovation et la bonne gouvernance recherchées tant dans la promotion de l’économie sociale que dans la croissance verte tout en analysant le profil institutionnel de la croissance.
Aussi, a t il été mis en relief le rôle central du système institutionnel dans la croissance endogène et dégagé les voies d’amélioration. |