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La progression rapide des échanges intra-maghrébins
sur la période récente laisse
indiquer qu’un potentiel de développement du commerce
régional existe, comme il ressort de la référence à l’indicateur d’intensité
bilatérale. Ce dernier se situe à près de 0,50 pour les exportations du Maroc
à destination de l’Algérie et de la Tunisie, soit un niveau inférieur de moitié à
ce qu’autoriserait le poids de ces pays dans le commerce mondial. Ainsi, pourvu que les conditions politiques et
réglementaires soient réunies, le relèvement de l’intensité bilatérale des échanges
entre ces pays à un niveau comparable à celui observé dans certains regroupements régionaux
des pays en développement, notamment le MERCOSUR, fait ressortir, toutes
choses égales par ailleurs, un manque à gagner en termes d’échanges
commerciaux. Ce manque à gagner est estimé à presque 980 millions de dollars annuellement
non compris les hydrocarbures, et à 2,1 milliards de dollars, soit 1% du PIB
si on prend en compte les importations de produits énergétiques en provenance
de l’Algérie et de Libye (Calcul DEPF
sur la base de données Chelem qui intègre désormais la Libye. ). Ce
gain commercial profiterait à l’ensemble des pays partenaires. Le Maroc et la Tunisie verraient la
part de leurs exportations intra-maghrébines s’établir à près de 6% et 10% respectivement,
contre des niveaux actuels de 1,6% et 2,5%. En revanche, dans le cas de l’Algérie,
hormis les produits énergétiques, le potentiel d’augmentation des échanges
vers les pays de la région demeurerait limité. Cependant, une hausse des
ventes de produits énergétiques de l’Algérie au sein de l’espace maghrébin
devrait porter la part des exportations intra-régionales de ce pays à un niveau
comparable à celui du Maroc, soit 6%.La concrétisation de ce gain nécessite
toutefois une réadaptation de l’appareil productif des pays membres pour
pouvoir répondre au supplément de la demande émanant des pays partenaires. Le
gain issu de l’intégration serait d’autant plus bénéfique qu’il découlerait
d’une création des échanges au lieu d’un simple détournement des flux. Auquel
cas, l’impact réel sur la croissance économique serait quasiment nul.
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