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L'Accord d'Agadir, entré en application en mars 2007,
vise l'accélération du processus d'intégration Sud-Sud à travers l'élimination des
barrières tarifaires et non tarifaires sur le commerce entre le Maroc, la Tunisie, l'Egypte et la Jordanie. L’accord
devrait permettre de dynamiser les échanges commerciaux entre ces pays et
soutenir l’attractivité de la région pour les investissements internationaux
et ce, en favorisant la levée des obstacles structurels à l’élargissement de
ce nouveau marché de près de 120 millions de consommateurs qui réalise un PIB
cumulé de près de 150 milliards d’euros L'apport de l'accord réside dans le
cumul diagonal de l'origine, dispositif essentiel de la coopération euro méditerranéenne qui devrait
encourager les entreprises de l'espace d'Agadir à travailler ensemble et à envisager des
synergies de nature à améliorer leur compétitivité, notamment sur le marché européen. En
effet, ce système permettra la librecirculation des marchandises accompagnées
d’un certificat d’origine Euro-Med dans un espace qui compte plus de trente
pays. L’évaluation préliminaire de l'Accord d'Agadir ne doit pas être faite
sur le plan bilatéral uniquement. Elle devrait prendre en compte son impact
sur les échanges avec d'autres régions. Les échanges commerciaux entre le
Maroc et les autres PAA ne dépassent guère 1,5% de son commerce extérieur,
malgré leur progression de 32% en 2007. Le solde de la balance commerciale
marocaine vis-à-vis des pays de la
Quad reste déficitaire. Il s'est aggravé de 88% en 2007,
suite notamment à une forte augmentation des importations en provenance de
l'Egypte (+52%) et de la
Tunisie (+41%). Seuls les échanges avec la Jordanie dégagent un
solde favorable mais faible pour le Maroc (214 millions de dirhams en 2007). Les
échanges dans le cadre de l'Accord d'Agadir ne profitent pas encore
pleinement à l'économie marocaine. En revanche, l'Egypte en tire un plus
grand avantage avec un excédent commercial d'environ 500 millions de dollars
en 2007. A
titre de comparaison, le Maroc ne réalise que 35% de son potentiel commercial
contre 90% pour l'Egypte. Environ 70% des exportations marocaines sont
constituées de produits primaires et un grand potentiel existe pour les
produits industriels (automobile), de la pêche et les engrais. Plusieurs dysfonctionnements relatifs à la mise en
oeuvre de l'accord ont entravé le développement des exportations marocaines vers les pays
de l’Espace d’Agadir. Il s'agit en particulier de la persistance de certaines
pratiques protectionnistes et des barrières non tarifaires dans les pays
partenaires, notamment les règles et normes techniques. C'est le cas notamment
des obstacles rencontrés pour l’exportation d’une marque de voiture montée au
Maroc vers les marchés égyptien et tunisien et qui ont été levés
dernièrement. D’autres entraves au développement des échanges
existent comme la similitude des structures productives des pays membres, le faible
contenu technologique des exportations marocaines, la faible compétitivité
énergétique comparativement aux autres PAA et l'insuffisance des réseaux de
transport intra régionaux. Néanmoins, le lancement d'une ligne maritime
directe et régulière de transport de fret entre les ports de Casablanca et
Radés (Tunisie) devra donner une nouvelle impulsion aux échanges économiques bilatéraux. Par ailleurs,
l’amélioration de la compétitivité des exportations marocaines et le renforcement
de l'intégration avec les pays de l'Espace d'Agadir nécessite la poursuite du
démantèlement des barrières non tarifaires, le renforcement de la
reconnaissance mutuelle des règles et normes techniques et la consolidation
de la coopération entre les entreprises de l'Espace d'Agadir. Cette
amélioration requiert également la promotion de la constitution des consortiums
d'exportation, une prospection plus importante des marchés des pays
partenaires ainsi que la mise en place d’un outil d'information
transparent et le développement des systèmes de veille et d'intelligence économique. Il
serait souhaitable de mettre en place une agence pour le contrôle de
l'application de l'accord, permettant
de résoudre rapidement les problèmes et conflits qui surgissent lors de sa mise
en oeuvre.
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