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Projet de document final de la Conférence sur la
crise financière et économique mondiale et son incidence sur le développement
Nous, chefs d’État et de gouvernement et hauts
représentants réunis à New
York du 24 au 26 juin 2009 à l’occasion de la Conférence des
Nations Unies sur la
crise financière et économique mondiale et son
incidence sur le développement,
déclarons ce qui suit :
1. Le monde traverse la pire crise financière et
économique qu’il ait connue
depuis la Grande dépression. Cette crise en évolution
constante, qui a débuté sur les
principales places financières du globe, s’est
propagée à toute l’économie mondiale,
et elle a de graves incidences dans les sphères
sociale, politique et économique.
Nous sommes profondément préoccupés par ses effets
préjudiciables sur le
développement. Cette crise nuit à tous les pays,
en particulier aux pays en
développement, et compromet les moyens de subsistance,
le bien-être et les
possibilités de développement de millions d’êtres
humains. Outre qu’elle a mis en
évidence des fragilités et déséquilibres
généralisés persistants, la crise a suscité une
intensification des efforts déployés en vue de
réformer et de renforcer le système
financier international et sa structure. Le défi
qu’il nous faut relever est de veiller à
ce que les mesures prises et les interventions
menées face à la crise soient
proportionnelles à son ampleur, à sa gravité et à
son acuité, bénéficient d’un
financement adéquat et soient exécutées sans délai
et coordonnées comme il se doit
à l’échelle internationale.
2. Nous réaffirmons les buts des Nations Unies
tels qu’ils sont énoncés dans
la
Charte, notamment ceux qui consistent à « réaliser la
coopération internationale
en résolvant les problèmes internationaux d’ordre
économique, social, intellectuel
ou humanitaire » et à « être un centre où
s’harmonisent les efforts des nations vers
ces fins communes ». Les principes de la Charte ont une résonance
toute particulière
au regard du règlement des problèmes actuels. Du
fait de sa participation et de sa
légitimité universelles, l’Organisation des
Nations Unies est bien placée pour
prendre part à différentes réformes qui visent à
améliorer le fonctionnement du
système financier international et à le rendre
plus efficace. La présente Conférence
des Nations Unies s’inscrit dans le cadre de notre
effort collectif en faveur du
relèvement. Elle fait fond sur ce qu’ont déjà
entrepris divers acteurs et instances et
vient contribuer à ces travaux, et elle vise à
soutenir l’action menée, à renseigner à
ce sujet et à mobiliser la classe politique à
l’appui de futures interventions. Elle met
également en lumière l’importance du rôle de
l’Organisation des Nations Unies visà-
vis des questions économiques internationales.
3. Les pays en développement, bien qu’ils ne
soient pas à l’origine de la
crise économique et financière mondiale, n’en
subissent pourtant pas moins les
répercussions de plein fouet. Les avancées
réalisées ces dernières années dans les
domaines économique et social, en particulier au
regard des objectifs de
développement arrêtés sur le plan international,
notamment les objectifs du
Millénaire pour le développement, sont désormais
compromises dans les pays en
développement, en particulier les moins avancés.
Face aux menaces que fait peser la
crise, il faut préserver et mettre en valeur les
progrès accomplis, qui avaient été en
partie stimulés par la forte croissance économique
connue par de nombreux pays.
Nos entreprises doivent être motivées par la
nécessité de faire face aux
conséquences de la crise sur le plan humain, à
savoir l’augmentation du nombre
pourtant déjà inacceptable de personnes pauvres et
vulnérables, femmes et enfants
en particulier, qui souffrent et meurent de la
faim, de la malnutrition et de maladies
évitables ou curables, la montée du chômage, la
réduction de l’accès à l’éducation et
aux services de santé, et les lacunes que présente
actuellement la protection sociale
dans de nombreux pays. Les femmes connaissent
aussi une plus grande insécurité
financière et doivent assumer des responsabilités
familiales plus lourdes. Ces coûts
particuliers sur le plan humain nuisent
considérablement à la sécurité commune des
personnes touchées. Pour que le relèvement soit
équitable partout dans le monde,
tous les pays doivent participer pleinement à
l’élaboration d’interventions
appropriées.
4. La crise financière et économique touche certes
tous les pays, mais ses
incidences et les difficultés qu’elle engendre
varient selon les catégories de pays en
développement considérées. Elle met en outre en
péril la réalisation des objectifs
nationaux de développement de ces pays ainsi que
des objectifs de développement
adoptés au niveau international, notamment les
objectifs du Millénaire. Nous nous
inquiétons particulièrement des répercussions
qu’elle a sur les pays en situation
particulière, y compris les pays les moins
avancés, les petits États insulaires en
développement et les pays en développement sans
littoral, ainsi que sur les pays
d’Afrique et les pays sortant d’un conflit. Nous
sommes de même préoccupés par les
obstacles auxquels se heurtent les pays à revenu
intermédiaire et à faible revenu,
dont les populations sont vulnérables et démunies,
dans le domaine du
développement. Tous ces pays rencontrent des
problèmes très particuliers du fait de
la crise tandis qu’ils s’efforcent d’atteindre
leurs objectifs nationaux de
développement. Notre intervention collective face
à cette crise doit tenir dûment
compte des besoins propres à ces différentes
catégories de pays en développement,
notamment dans les domaines du commerce et de
l’accès aux marchés, de l’accès à
des moyens de financement et à des financements
concessionnels appropriés, du
renforcement des capacités, de l’accentuation de
l’appui offert en faveur du
développement durable, de l’assistance financière
et technique, de la viabilité du
niveau d’endettement, des mesures visant à
faciliter les échanges commerciaux, du
développement de l’infrastructure, de la paix et
de la sécurité, des objectifs du
Millénaire pour le développement et des
engagements précédemment pris par la
communauté internationale.
5. La paix, la stabilité et la prospérité sont
indissociables. À l’heure de la
mondialisation de l’économie, toutes les nations
sont plus étroitement liées que
jamais. Du fait de la portée planétaire de la
crise, il est nécessaire d’intervenir
rapidement et de manière résolue et coordonnée
pour s’attaquer à ses causes,
atténuer ses effets et renforcer ou établir le cas
échéant les mécanismes voulus pour
tenter d’empêcher qu’une telle situation se
reproduise à l’avenir.
6. La présente Conférence marque une étape dans la
lutte que tous les États
Membres de l’Organisation des Nations Unies se
sont engagés à mener sans relâche
et de manière concertée contre la crise et les
répercussions qu’elle a sur le
développement. Nous avons aujourd’hui exposé
l’unité de vues à laquelle nous
sommes parvenus au sujet des mesures à prendre
face à la crise, hiérarchisé les
interventions à mener et assigné à l’Organisation
des Nations Unies un rôle bien
précis. Nous agissons ainsi dans l’intérêt de
toutes les nations, afin de favoriser un
développement économique sans exclusive, plus
équitable, mieux équilibré,
davantage axé sur le développement en général et
durable et de contribuer à vaincre
la pauvreté et l’inégalité.
État actuel de l’économie mondiale
7. La crise actuelle n’est pas sans rapport avec
de multiples crises et problèmes mondiaux
liés entre eux, comme la dégradation
de la sécurité alimentaire,
la volatilité des cours de l’énergie et des
produits de base et les changements
climatiques, ainsi que l’absence de résultats
enregistrés à ce jour par les
négociations commerciales multilatérales et la
disparition de la confiance dans le
système économique international. Le
ralentissement de l’économie dans le monde
est plus marqué que ne le laissaient entrevoir
nombre de prévisions faites
initialement, et la reprise devrait être
progressive et inégale. Tandis que certains
pays affichent encore une croissance positive –
bien que nettement ralentie –,
d’après les toutes dernières prévisions de
l’Organisation Nations Unies, le produit
mondial brut chutera de 2,6 % en 2009,
fléchissement sans pareil depuis la Seconde
Guerre mondiale. La crise risque d’avoir des
conséquences désastreuses sur le plan
humain et dans le domaine du développement. Des
millions de personnes de par le
monde perdent leur emploi, leur revenu, leurs
économies et leur logement. D’après
la
Banque mondiale, plus de 50 millions de personnes vivent
désormais dans la
misère, en particulier des femmes et des enfants.
L’Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture prévoit qu’en
raison de la crise, le nombre de
personnes sous-alimentées et souffrant de la faim
dans le monde franchira le seuil
sans précédent du milliard.
Répercussions de la crise
8. La crise a sur toute la planète de graves et
profondes répercussions, qui varient selon les
pays, et elle a parfois exacerbé
des problèmes existants. Depuis
qu’elle a éclaté, de nombreux États ont fait
rapport sur ses effets néfastes, qui
varient selon les pays, les régions et le niveau
de développement et n’ont pas tous la
même gravité, parmi lesquels figurent les suivants
:
• La hausse rapide du chômage et l’accentuation de
la pauvreté et de la faim;
• La décélération de la croissance et le repli de
l’activité économique;
• Certaines conséquences néfastes sur la balance
commerciale et la balance des paiements;
• Un net recul de l’investissement étranger
direct;
• De profondes fluctuations monétaires, marquées
par l’instabilité;
• Le creusement des déficits budgétaires, la chute
des recettes fiscales et la
réduction du volant budgétaire;
• La contraction des échanges commerciaux
mondiaux;
• L’accentuation de la volatilité et la chute des
cours des produits primaires;
• Le déclin des envois de fonds à destination de
pays en développement;
• La nette réduction des revenus tirés du
tourisme;
• L’inversion massive des apports de capitaux
privés;
• La réduction de l’accès au crédit et au
financement des transactions
commerciales;
• L’érosion chez le grand public de la confiance
inspirée par les institutionsfinancières;
• La réduction de la capacité de maintenir en
place des filets de sécurité sociale
et d’assurer la prestation d’autres services
sociaux, notamment dans les
domaines de la santé et de l’éducation;
• La hausse de la mortalité infantile et de la
mortalité maternelle;
• L’effondrement du marché immobilier
d’habitation.
Causes de la crise
9. Les facteurs déterminants de la crise
financière et économique sont
complexes et multiformes. Nous sommes conscients
que nombre des principales
causes de la crise sont liées à des fragilités et
déséquilibres généralisés qui ont
contribué au dysfonctionnement de l’économie
mondiale. On trouve parmi les
principaux facteurs sous-jacents de la situation
actuelle des politiques
macroéconomiques incohérentes et insuffisamment
coordonnées entre elles et des
réformes structurelles inadaptées, qui ont
engendré des résultats macroéconomiques
non viables à l’échelle mondiale. Ces facteurs ont
été exacerbés par d’énormes
lacunes dans la réglementation, la supervision et
le contrôle du secteur financier,
ainsi que par les déficiences des dispositifs de
surveillance et d’alerte rapide en
place. Toutes ces défaillances réglementaires,
aggravées par un recours excessif à
l’autoréglementation des marchés, le manque de
transparence et d’intégrité
financière et des comportements irresponsables,
ont ouvert la voie à la prise de
risques excessifs, à une hausse non viable des
cours des actifs, à un recours
déraisonnable au levier financier et à une forte
hausse de la consommation
alimentée par l’accès facile au crédit et le
niveau excessif des cours des actifs. Les
organismes de surveillance, les responsables de
l’élaboration des politiques et les
institutions compétents n’ont pas pris toute la
mesure des risques pesant sur le
système financier, pas plus qu’ils ne sont
parvenus à empêcher les vulnérabilités
économiques de s’accentuer et de s’étendre
par-delà les frontières. Parce qu’on n’a
pas accordé suffisamment d’importance au
développement humain équitable, de
profondes inégalités se sont creusées entre pays
et entre populations. D’autres
déficiences généralisées ont elles aussi contribué
à cette crise, qui a mis en évidence
le fait que les pouvoirs publics devaient
intervenir plus efficacement en vue de
concilier l’intérêt des marchés et l’intérêt
général.
Interventions face à la crise
10. Cette crise nous concerne tous. Chaque pays est
certes responsable au
premier chef de son propre développement
économique et social, mais nous n’en
continuerons pas moins à oeuvrer de manière
solidaire à l’élaboration
d’interventions globales dynamiques, coordonnées
et intégrées pour faire face à la
crise, dans la mesure de nos capacités et
responsabilités respectives. Les pays
développés et les marchés émergents s’emploient à
orchestrer la relance de la
croissance dans le monde. Il a fallu en priorité
stabiliser les marchés financiers et
veiller à ce qu’ils inspirent de nouveau
confiance, tout en luttant contre le
fléchissement de la demande et la récession.
D’importantes mesures ont déjà été
prises pour maintenir la stabilité macroéconomique
et renforcer le système financier
international. Parallèlement, des dispositions
fermes doivent être prises de toute
urgence pour lutter contre les répercussions qu’a
la crise sur les populations les plus
vulnérables, contribuer à rétablir une forte
croissance et aider les pays touchés à
regagner le terrain perdu sur la voie de la
réalisation des objectifs de développement
que nous avons arrêtés au niveau international,
notamment les objectifs du
Millénaire pour le développement. Par conséquent,
une part appropriée de toutes les
ressources supplémentaires dont on pourrait
disposer – liquidités à court terme
comme financement à long terme du développement –
doit être allouée aux pays en
développement, en particulier les pays les moins
avancés. Même si cette crise
continue d’avoir des répercussions notables pour
tous les peuples du monde, elle
offre selon nous une occasion importante de
procéder à des changements
significatifs. Notre intervention doit dorénavant
viser avant tout à créer des emplois,
à accentuer la prospérité, à renforcer l’accès à
la santé et à l’éducation, à rectifier les
déséquilibres et à concevoir et mettre en oeuvre
un développement écologiquement
et socialement durable dans le cadre duquel le
principe de l’égalité des sexes soit
dûment pris en compte. Nous devons également nous
attacher à renforcer les
fondations sur lesquelles puisse reposer une
mondialisation juste, sans exclusive et
viable, étayée par un multilatéralisme redynamisé.
Nous ne doutons pas que cette
crise nous rendra plus forts, plus énergiques et
plus unis.
Une action rapide et décisive est nécessaire
11. Nous nous engageons à travailler solidairement
à une réponse mondiale coordonnée et
détaillée à la crise et à prendre
notamment à cet effet les mesures visant à :
• Rétablir la confiance, relancer la croissance
économique et créer le pleinemploi
productif avec un travail décent pour tous;
• Sauvegarder les acquis économiques,
développementaux et sociaux;
• Offrir aux pays en développement une aide
adéquate pour qu’ils remédient aux
impacts humains et sociaux de la crise, de façon à
préserver et valoriser les
gains durement acquis jusqu’à présent sur le front
de l’économie et du
développement, notamment s’agissant des progrès
accomplis vers la
réalisation des objectifs du Millénaire pour le
développement;
• Assurer la viabilité à long terme de la dette
des pays en développement;
• Chercher à fournir aux pays en développement des
ressources suffisantes, sans
conditionnalités injustifiées pour leur
développement;
• Rétablir la confiance dans le secteur financier
et relancer les opérations de prêt;
• Faciliter et revitaliser un commerce et un
investissement ouverts et rejeter le
protectionnisme;
• Faciliter une reprise sans exclusive, attentive
à l’environnement et durable, et
apporter un soutien constant aux efforts que font
les pays en développement en
matière de développement durable;
• Renforcer le rôle du système des Nations Unies
face à la crise économique et à
son impact sur le développement;
• Réformer et renforcer au besoin le système
financier et économique et
l’architecture financière internationale pour les
adapter aux difficultés
actuelles;
• Encourager une bonne gouvernance à tous les
niveaux, notamment dans les
institutions financières internationales et sur
les marchés financiers;
• Remédier aux effets humains et sociaux de la
crise.
La marche à suivre
La relance doit profiter à tous
12. On a déjà tenté aux niveaux national, régional
et international de remédier aux effets
immédiats de la crise par
plusieurs mesures. Tout en saluant ces
tentatives, nous encourageons une plus grande
coopération et une meilleure
coordination entre les pays sur le plan budgétaire
et économique. Le soutien apporté
au développement est un élément essentiel du
règlement de la crise mondiale,
notamment par des mesures visant à relancer
durablement la croissance économique,
éliminer la pauvreté et faciliter le développement
durable. Nous encourageons les
pays, dans les mesures de relance qu’ils prennent
au niveau national, à éviter le
protectionnisme sous toutes ses formes, de façon à
écarter les répercussions
possibles sur les pays tiers, en particulier les
pays en développement.
13. Nous encourageons les pays qui sont à même de
le faire à utiliser la marge de
manoeuvre dont ils disposent dans leur
politique de relance budgétaire, tout en assurant la
viabilité à long terme de
leurs finances publiques. Nous encourageons également les pays à adapter
leur
politique de lutte contre la crise à leurs caractéristiques propres et à utiliser
toutes les possibilités
de mobiliser leurs ressources intérieures.
14. Si un certain nombre de pays développés et
émergents à économie de marché ont
appliqué des mesures de relance, la
majorité des pays en développement,
dans le monde, n’ont pas la marge de manoeuvre
suffisante pour prendre des mesures
budgétaires anticycliques afin de lutter contre
les effets de la crise et stimuler la
croissance. Beaucoup de ces pays manquent
également de devises. Pour répondre au
mieux à la crise, les pays en développement auront
besoin d’une proportion plus
grande d’éventuelles ressources additionnelles –
aussi bien sous forme de liquidités
à court terme que de financement du développement
à long terme. Nous nous
engageons à examiner les mécanismes qui seraient
propres à assurer la fourniture
aux pays en développement, en particulier les moins
avancés, de ressources
adéquates. Nous rappelons que les pays en
développement ne doivent pas subir
indûment le fardeau financier résultant de la
crise et de ses effets.
15. Les pays en développement qui se heurtent à
une pénurie aiguë et grave
de devises du fait des répercussions de la crise,
qui retentit sur la balance des
paiements, ne doivent pas être privés du droit
d’utiliser les mesures correctives
commerciales contingentes que prévoit dans les cas
légitimes l’Organisation
mondiale du commerce (OMC) et, en dernier ressort,
d’imposer des restrictions
temporaires au mouvement des capitaux et de
chercher à négocier, entre débiteurs et
créanciers, des accords sur une suspension
temporaire du service de la dette, afin
d’aider à amortir les répercussions de la crise et
à stabiliser le développement
macroéconomique.
16. Nous saluons le Sommet du G-20 tenu le 2 avril
2009 à Londres et
constatons sa volonté de dégager, pour relancer
l’économie mondiale, un montant
additionnel de 1,1 billion de dollars. Une grande
partie de ces ressources sera
disponible pour être affectée aux marchés
émergents et aux pays en développement.
Une proportion beaucoup plus limitée (50 milliards
de dollars) en serait affectée
expressément aux pays à faible revenu. Nous
demandons au G-20 de réfléchir à
nouveau aux besoins des pays en développement, en
particulier des pays à faible
revenu. Nous appelons également tous les membres
du G-20 à veiller à ce que leurs
engagements soient bien honorés et à en suivre
l’application. Tout en reconnaissant
la décision prise au G-20, nous sommes résolus à
renforcer le rôle de l’Organisation
des Nations Unies et de ses membres dans les
affaires économiques et sociales,
notamment son rôle de coordination.
17. Les pays doivent en effet avoir la marge de
manoeuvre nécessaire pour
appliquer des mesures anticycliques et mener, face
à la crise, une politique bien
conçue et bien ciblée. Nous préconisons donc une
rationalisation des
conditionnalités pour garantir qu’elles soient
opportunes, adaptées et ciblées et
aident bien les pays en développement à faire face
aux problèmes, financiers,
économiques et développementaux. À ce sujet, nous
notons l’amélioration récente
des opérations de prêt du Fonds monétaire
international (FMI), qui a modernisé les
conditionnalités et créé des instruments et lignes
de crédit plus souples, ce qui est
bienvenu. Les programmes en cours et nouveaux ne
doivent pas comporter de
conditionnalités procycliques injustifiées. Nous
engageons les banques
multilatérales de développement à s’orienter vers
des formes d’aide souples,
concessionnelles, à versement rapide en début de
période, de façon à aider
rapidement et de façon appréciable les pays en
développement qui se heurtent à des
déficits de financement. Ce faisant, ces banques
doivent, pour ne pas compromettre
la stabilité financière, appliquer les garanties
convenues.
18. L’interdépendance toujours plus grande des
économies nationales dans
une économie mondialisée et l’émergence de régimes
fondés sur des règles dans les
relations économiques internationales ont fait que
la marge de manoeuvre des
politiques économiques nationales, en particulier
dans le domaine du commerce, de
l’investissement et du développement
international, est désormais souvent rognée
par des règles et des engagements internationaux
et par des considérations ayant
trait au marché mondial. Nous constatons que ces
régimes, disciplines, engagements
et considérations font problème pour beaucoup de
pays en développement qui
cherchent à mettre en oeuvre eux-mêmes une réponse
nationale à la crise financière
et économique. Nous constatons aussi que beaucoup
de pays en développement ont
demandé à pouvoir exercer une plus grande latitude
dans le choix de leur politique
économique, dans la limite de ces contraintes, car
c’est un élément indispensable du
relèvement après la crise et de la solution de
problèmes nationaux spécifiques,
notamment les effets humains et sociaux de la
crise, la nécessité de préserver les
gains acquis dans la réalisation des objectifs du
Millénaire pour le développement,
l’utilisation plus efficace des facilités de
crédit et des liquidités, la régulation des
marchés financiers locaux, les institutions,
instruments et mouvements de capitaux
locaux, et le recours à des mesures correctives
commerciales contingentes. Il
appartient à chaque gouvernement de se demander
comment arbitrer au mieux entre
les avantages de l’acceptation des règles et
engagements internationaux et les
inconvénients de la perte de marge de manoeuvre
dans le choix des politiques.
19. Nous constatons qu’à côté de l’appropriation
nationale des politiques et
des stratégies, la bonne gouvernance continue
d’avoir une grande importance. Nous
nous engageons à promouvoir des institutions
économiques et financières efficaces à
tous les niveaux car c’est une condition
indispensable de la croissance et du
développement économique à long terme. Nous nous
engageons aussi à accélérer le
relèvement collectif par une plus grande
transparence, l’éradication de la corruption
et une meilleure gouvernance. À ce sujet, nous
engageons instamment tous les États
qui ne l’ont pas encore fait à envisager de
ratifier la Convention
des Nations Unies
contre la corruption ou à y accéder, et engageons
tous les États parties à l’appliquer
Nations Unies A/CONF.214/3
Conférence sur la crise financière et économique
mondiale et son incidence sur le
développement
Distr. Générale
22 juin 2009 Français
Original : anglais
09-37607 (F) 230609 230609
*0937607*
New York, 24-26 juin 2009
Point 8 b) de l’ordre du jour provisoire*
Débat général sur la crise financière et
économique mondiale et son incidence sur le développement : examen du projet
de document final de la
Conférence
Projet de document final de la Conférence
Note du Président de l’Assemblée générale Dans sa
résolution 63/277 du 7 avril 2009, l’Assemblée générale a prié son président
d’élaborer un projet de texte issu de tous les apports préparatoires, et de
le présenter suffisamment tôt pour qu’il serve de base à un document final de
la Conférence
devant recueillir l’assentiment des États Membres. On trouvera ci-joint le
texte du projet de document final, tel qu’il a été établi à l’issue de
consultations officieuses présidées par les facilitateurs Frank Majoor
(Pays-Bas) et Camillo Gonsalves (Saint-Vincent-et-les
Grenadines), communiqué à la
Conférence pour
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