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Près de 200 personnes ont assisté le 25
janvier dernier au siège de l’ONU à New York à une conférence sur l’Accord de
Copenhague réunissant représentants permanents des pays membres de l’ONU et
membres de la société civile. L’objectif était d’améliorer la compréhension
des implications de l’Accord de Copenhague et mettre en évidence les
nouvelles stratégies pour atteindre un plus grand succès lors de la 16ème
Conférence des Parties, qui débutera à Mexico à la fin du mois de novembre. Organisée
par le Service de liaison des Nations Unies avec les organisations non
gouvernementales (SLNG), l’ONG Realizing Rights : The Ethical Globalization
Initiative et la
Fondation Dag Hammarskjöld, cette réunion était présidée
par Mme Mary Robinson, Présidente de Realizing Rights. Les intervenants
étaient : Mr. l’Ambassadeur Lumumba Stanislas Di-Aping, négociateur en chef
des pays du G77, Mme Meena Raman, conseiller juridique du Réseau Tiers-Monde,
M. Ben Margolis, Directeur de campagne auprès de la Campagne mondiale pour
l’action climatique, et M. Robert Orr, Secrétaire général adjoint pour la
coordination des politiques et la planification stratégique au Cabinet du
Secrétaire général des Nations Unies. Leurs remarques préliminaires ont été
suivies de nombreuses allocutions des représentants des gouvernements et de
la société civile.
Retour sur les points clés de la
réunion
Dans son discours d’ouverture, Mary
Robinson a noté que 2010 serait une année extrêmement importante pour faire
de rapides progrès sur le changement climatique en maintenant la dynamique
actuelle sur cette question, améliorant la compréhension, la confiance et la
collaboration. « La justice climatique commence par le fait de reconnaître
que les pays les plus riches du monde ont le plus contribué au problème et
ont donc une plus grande obligation de prendre des mesures et de le faire
plus rapidement » a-t-elle expliqué. Appliquer la justice climatique
nécessite une analyse et une action qui s’appuie sur les impacts différenciés
sur des groupes spécifiques, notamment les femmes et les peuples autochtones.
La notion de justice climatique renforce la nécessité pour les gouvernements
et les autres à agir de façon responsable et transparente en respectant les
droits de l’homme et la dignité de tous les peuples. Cette notion oblige
également à porter plus d’attention à ce que les plus vulnérables ont à dire
sur la question et met en évidence l’importance du multilatéralisme et de la
participation de toutes les nations dans le processus de négociation et les
résultats, et spécifiquement les pays les plus touchés par les effets des
changements climatiques, a conclu Mary Robinson.
Mr. Lumumba Stanislas Di-Aping a
insisté dans son allocution sur l’importance de créer un groupe de
négociateurs qui représente de manière juste les différents groupes d’intérêt
et qui puissent tenir leurs engagements. Il a demandé aux participants
d’examiner si les éléments substantiels dans l’Accord de Copenhague étaient
acceptables et de prendre note en particulier des risques pour l’Afrique. Les
engagements actuels entraîneront une hausse de 4° de la température mondiale
et un stress hydrique pour 75 à 250 millions de personnes d’ici 2020. En
vertu de l’entente actuelle, seulement 20% de l’espace pour les émissions
atmosphériques sera alloué à 80% de la population du globe. Mr. Lumumba
Stanislas Di-Aping a demandé davantage d’engagements et une accélération du
processus de transfert de technologies, et a appelé à trouver des solutions
pour le financement du climat.
Meena Raman a rappelé aux
participants que l’Accord de Copenhague n’a été qu’un des résultats de la COP 15 (15ème Conférence des
Parties à la
Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques, CCNUCC) de décembre 2009 et qu’il existe des rapports importants
provenant de deux des groupes de travail de la Convention-cadre
: le Groupe de travail spécial pour l’action coopérative (qui pousse plus
avant le Plan d’action de Bali) et le Comité ad-hoc du Groupe de travail sur
le Protocole de Kyoto . Elle craint que les efforts s’arrêtent en 2012, alors
que ce processus n’était que la première période d’engagement qui se termine
en 2012, la deuxième période commençant en 2013. Elle a noté que l’on peut s’attendre
à ce que les États-Unis, bien que non signataires du Protocole de Kyoto, fassent
des « efforts comparables » aux autres pays développés (Annexe 1) et souligné
que l’une des principales faiblesses de l’Accord de Copenhague est qu’il ne
contient pas d’objectif global de réduction des émissions dans le texte final
ce qui risque donc d’entrainer un nivellement par le bas des différents pays
engagés, et ce d’autant plus qu’aucun mécanisme de contrôle n’a été prévu.
Ben Margolis, directeur de campagne
auprèss de la Campagne
mondiale pour l’action climatique, a rappelé aux participants que l’essence
de la justice climatique est de mettre les peuples au centre des polituqes. Il
a appelé à un engagement renouvelé en faveur du maintien des négociations au
niveau du CCNUCC, impliquant tous les pays. Il a noté que le BASIC (Brésil, Afrique
du Sud, l’Inde et la Chine)
a appelé à mettre plus d’énergie dans la CCNUCC, en augmentant le nombre de réunions
prévues en 2010, et obtenant de véritables engagements, en particulier sur le
financement et le transfert de technologies. A ses yeux le processus
politique ne suffit pas, il faut y ajouter de nouvelles formes de
militantisme ainsi qu’une réduction significative des émissions du secteur
privé.
M. Robert Orr, a commencé son
intervention en reconnaissant qu’il pouvait y avoir des « compréhensions
divergentes » de l’issue d’un « processus désordonné. » Toutefois, il a
estimé qu’étant donné l’importance des enjeux et la nature sans précédent de la Conférence de Copenhague,
ces différences d’interprétation étaient normales. Il a incité ses auditeurs
à prendre du recul, évaluer ce qui avait eu lieu à Copenhague, puis seulement
ensuite regarder vers l’avenir. M. Orr a souligné trois « grandes premières
importantes » à propos de Copenhague :
1) Un débat important au niveau
mondial sur cette question a eu lieu et les gouvernements se sont entendus
sur un objectif ;
2) Les principaux acteurs ont pris
des engagements sérieux dans le contexte de l’Accord de Copenhague ;
3) Une discussion constructive sur
les ressources à allouer à la
CCNUC a permis de se rapprocher de l’ordre de grandeur
nécessaire.
Il a noté que l’engagement des
grands pays développés à fournir une enveloppe de 100 milliards de dollars
d’ici à 2020 est extrêmement important, tout comme celui des Etats-Unis de
fournir 30 milliards de dollars au cours des trois prochaines années, ces
fonds devant être alloués surtout aux plus pauvres et aux plus vulnérables. Il
a par ailleurs souligné l’importance d’un financement universel pour la CCNUCC qui est encore le
seul forum universel et légitime de négociation. En mentionnant le fait que
les négociations avaient failli échouer à Copenhague, Mr. Orr a voulu
rappeler la situation d’urgence et la nécessité pour les participants aux
groupes de travail de venir avec de nouvelles idées et une meilleure vue sur
l’objectif à atteindre. Il s’est félicité de l’initiative des pays du BASIC
qui ont appelé à davantage de réunions cette année. Il a conclu en déclarant
que l’engagement politique au plus haut niveau est essentiel pour l’avenir, qu’il
est impératif de trouver des moyens de relayer efficacement l’énergie politique
et que pour avancer sur ces questions en 2010, les efforts de toutes les
parties prenantes sont essentiels.
Ces allocutions ont été suivies
d’un débat franc et constructif. De nombreux orateurs ont formulé des
observations sur la nécessité de bâtir une plus grande confiance en 2010. Tous
se sont accordés sur le fait que l’année 2010 est cruciale dans la lutte
active contre la menace du changement climatique. Une recommandation concrète
a été formulée : inviter le Premier Ministre du Danemark et le Président du
Mexique lors d’une réunion du Bureau de la Conférence des
Parties de la CCNUCC
et organiser 4 à 5 réunions en 2010 au cours desquelles les gouvernements
travailleraient ensemble de façon constructive pour rédiger le type d’accord
espéré à Copenhague. De nombreux intervenants ont demandé un leadership plus
fort aux gouvernements pour la 16ème Conférence des Parties. Mary Robinson a
conclu que cette réunion était parvenue à dissiper le sentiment de désarroi
qui avait fait suite à la
Conférence de Copenhague, et a souligné l’importance d’un
fort leadership et de prendre appui sur les principes d’équité et de justice
sur la route vers le sommet de Mexico.
http://www.un-ngls.org/spip.php?article1848
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