Faisant de l’investissement une priorité nationale, les
pouvoirs publics ont procédé à la mise en place d’un environnement favorable à la
promotion des investissements privés tant nationaux qu’étrangers.
L’investissement a fait preuve
d’un dynamisme continu traduisant la mise à niveau de l’appareil productif, l’extension des
capacités de production, la dynamique de création d’entreprises. En augmentation de 11,5%, la FBCF a représenté 27,6% du
PIB en moyenne entre 2003 et 2007 pour atteindre 31,3% en
2007. Sa contribution à la croissance économique ressort à plus de 2,5 points au cours de
cette période pour atteindre 4 points en 2007 avec une hausse de plus de 14% en termes réels.
Dans un contexte d’accélération du rythme de
l’activité, les mouvements de stocks ont eu un impact positif sur la croissance réelle depuis
cinq ans. Entre 2003 et 2007, leur contribution à l’évolution de l’activité a été de 0,1
point du PIB après avoir été légèrement négative entre 1998 et 2002 (- 0,4 point). Favorisées par la détente des taux d’intérêt et la
réduction des droits de douane à l’importation sur les biens d’équipement et leur
élimination sur les importations en provenance de l’Union Européenne, les importations des
biens d’équipement et des demiproduits ont accompagné cette dynamique en affichant des
hausses sensibles de 16% et 16,3% respectivement entre 2003 et 2007.
Cet effort
d’investissement a été appuyé par les politiques sectorielles déployées et par le soutien financier du
Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social aux projets d’investissement
exerçant un effet de levier important. Cette évolution a été confortée également par les
efforts conjugués des entreprises privées et publiques.
La progression rapide des échanges intra-maghrébins
sur la période récente laisse
indiquer qu’un potentiel de développement du commerce
régional existe, comme il ressort de la référence à l’indicateur d’intensité
bilatérale. Ce dernier se situe à près de 0,50 pour les exportations du Maroc
à destination de l’Algérie et de la Tunisie, soit un niveau inférieur de moitié à
ce qu’autoriserait le poids de ces pays dans le commerce mondial. Ainsi, pourvu que les conditions politiques et
réglementaires soient réunies, le relèvement de l’intensité bilatérale des échanges
entre ces pays à un niveau comparable à celui observé dans certains regroupements régionaux
des pays en développement, notamment le MERCOSUR, fait ressortir, toutes
choses égales par ailleurs, un manque à gagner en termes d’échanges
commerciaux. Ce manque à gagner est estimé à presque 980 millions de dollars annuellement
non compris les hydrocarbures, et à 2,1 milliards de dollars, soit 1% du PIB
si on prend en compte les importations de produits énergétiques en provenance
de l’Algérie et de Libye (Calcul DEPF
sur la base de données Chelem qui intègre désormais la Libye. ). Ce
gain commercial profiterait à l’ensemble des pays partenaires. Le Maroc et la Tunisie verraient la
part de leurs exportations intra-maghrébines s’établir à près de 6% et 10% respectivement,
contre des niveaux actuels de 1,6% et 2,5%. En revanche, dans le cas de l’Algérie,
hormis les produits énergétiques, le potentiel d’augmentation des échanges
vers les pays de la région demeurerait limité. Cependant, une hausse des
ventes de produits énergétiques de l’Algérie au sein de l’espace maghrébin
devrait porter la part des exportations intra-régionales de ce pays à un niveau
comparable à celui du Maroc, soit 6%.La concrétisation de ce gain nécessite
toutefois une réadaptation de l’appareil productif des pays membres pour
pouvoir répondre au supplément de la demande émanant des pays partenaires. Le
gain issu de l’intégration serait d’autant plus bénéfique qu’il découlerait
d’une création des échanges au lieu d’un simple détournement des flux. Auquel
cas, l’impact réel sur la croissance économique serait quasiment nul.
Coût du non Maghreb : une manifestation de l’absence du
pragmatisme économique