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Le marché de gros en légumes et fruits de
Casablanca
commercialise l’essentiel des besoins du Maroc en produits agricoles.
Le marché de gros de Casablanca est assurément l’un des centres
commerciaux les plus importants non seulement à Casablanca mais dans tout le
Maroc. Sa dimension économique se mesure d’abord à l’immensité de la superficie
(30 hectares)
sur laquelle il a été bâti en 1986. De l’extérieur, il donne l’allure d’un
grand complexe sportif avec une stature imposante. Mais, à l’intérieur, c’est
une autre vue qui s’ouvre au visiteur avec ses bâtiments immenses, sa grande
surface de vente couverte au centre et un pavillon derrière qui abrite 252
magasins où les commerçants exposent et vendent leurs marchandises. Sur
les six portes, cinq sont réservées aux véhicules et une seule, toute petite,
permet aux piétons d’y accéder. L’administration du marché, une grande
bâtisse à l’entrée, ornée de tableaux et de cartes qui indiquent la structure
et la composition du lieu. Il y a là aussi un poste de police où siègent deux
agents derrière un comptoir assez large. Leur mission : superviser le marché
et garantir la sécurité des commerçants. Celle-ci est également assurée par
des membres des Forces auxiliaires qui occupent un autre bureau non loin du
poste de police. À la sortie du bâtiment, à droite, est dressée une grande
surface couverte qui abrite des espaces de ventes, appelées carreaux. Ces
derniers, au nombre de 20, sont occupés par des mandataires qui exploitent
ces espaces grâce à des agréments administratifs octroyés gratuitement par
l’Etat. Ce n’est pas n’importe qui peut recevoir cet agrément et devenir
mandataire, mais seulement ceux qui ont servi le pays parmi les anciens
combattants et résistants de l’Armée de la libération. Comment bénéficient-ils
de ces carreaux ? Selon le règlement intérieur, ils les louent chaque jour à
des commerçants moyennant 1% de la valeur de la marchandise qui transite par
le marché. Un vrai filon quand on connaît l’activité commerciale florissante
qui y règne toute l’année. En quittant la surface par l’arrière, on aperçoit
de longues rangées de magasins devant lesquels stationnent des camions qui
transportent les marchandises. On y trouve toutes sortes de véhicules :
camionnettes, grands camions, et même des remorques pour les grosses
livraisons. Mais, avant d’accéder aux magasins, les camions (500 à 900
véhicules entrent au marché chaque jour selon les saisons) doivent
d’abord déclarer leurs marchandises à l’entrée. Une grande balance
électronique reliée au système informatique de l’administration est posée
dans une salle située à droite de la porte principale du marché. La
marchandise est pesée après avoir reçu par écrit la déclaration du commerçant
contenant tous les produits transportés. Chaque produit subit un prix de taxation
déterminé deux fois par semaine lors d’une commission interne
systématiquement présidée par le directeur du marché. Une fois sa marchandise
pesée, le commerçant passe à la caisse. Il paie l’équivalent de 7% de la
valeur globale des produits : 6% entrent dans les caisses de la commune
urbaine et 1% est encaissé par les mandataires des carreaux. Par contre, ceux
qui possèdent un magasin sont exonérés de payer le 1%. Mais, ils règlent
mensuellement le loyer des aires de vente. Ce loyer dépend de la surface du
magasin. Pour les petits, ils sont loués à 1.800 dirhams, contre 2.400
pour les moyens et 4800 pour les grands. Il est réévalué chaque année de
3% pour faire face à l’inflation économique et à l’érosion des marges. Tout
cela constitue, bien entendu, les recettes du marché que son directeur,
Mohamed Khalasi, estime à environ 100 millions de dirhams par an.
Parfois moins. Ça dépend des saisons. Même si sa gestion dépend directement
du conseil de la ville, les recettes du marché ne lui sont pas totalement
versées. Il faut d’abord et avant tout payer toutes les dépenses liées au
fonctionnement : charges du personnel, d’entretien et de propreté. Depuis
quelques années, le bureau dirigeant consacre à la propreté des lieux une
grande importance.C’est pour cela qu’il a fait appel aux services d’une
société privée SOS, spécialisée en nettoyage et de ramassage des déchets. Ouvert
tous les jours, 24 heures sur 24, le marché de gros est presque le seul
endroit commercial à Casablanca qui ne connaît pas de temps mort. Les camions
entrent et sortent à toute heure de la journée. Durant toute la semaine,
l’activité commerciale bat son plein sauf le vendredi où le marché n’autorise
pas les opérations de vente et d’achat, mais il reste ouvert pour les camions
de livraison. Ils viennent de toutes les régions agricoles du Maroc: Souss
Massa Derâa (Agadir, Taroudant, Tiznit), Oualidia Doukkala (Casablanca, El
Jadida), la zone qui s’étale géographiquement de Rabat à Fès, la région de
Beni–Mellal et le Nord avec comme principale ville Larache. Toutes ces
villes et régions sont quotidiennement représentées au marché de gros. Ses
commerçants sont de véritables ambassadeurs agricoles qui essaient chacun de
son côté de défendre les produits de sa région. Chaque région profite d’une
saison pour écouler plus de produits. Pendant l’hiver et le printemps
(d’octobre à juin) par exemple, c’est le Sud qui tient la vedette et fournit
toutes sortes de légumes et fruits : tomates, pommes de terre, pastèques,
melons et bananes. Sur ce dernier produit, c’est Agadir qui fournit plus de
80% des besoins du marché. Mais, il n’y a pas que les produits nationaux. Des
produits étrangers en provenance notamment d’Espagne, d’Italie et de
France sont également disponibles au marché de gros.Mais, il s’agit
essentiellement des fruits comme les bananes, les pommes, les poires et le
raisin. Des fruits exotiques proviennent aussi de certains pays d’Afrique,
mais également du Costa Rica qui exporte principalement les bananes.
Arrivés aux magasins et à la surface couverte, ces fruits et légumes font
ensuite l’objet de vente aux différents acheteurs qui peuvent être des
semi-grossistes, des détaillants ou de simples consommateurs. Les prix
varient en fonction de la saison agricole et par conséquent de l’offre et de
la demande. Chaque commerçant essaie d’écouler rapidement sa marchandise. Et,
comme le marché de gros est une sorte de Mecque commerciale pour tout le
Maroc, l’écoulement des produits se fait rapidement, parfois en un clin
d’oeil. Le conseil de la ville de Casablanca y attache une attention
particulière et suit régulièrement sa gestion, parce qu’il constitue l’une
des sources de revenus les plus sûres et les plus durables. Plus important
que cela, il est considéré comme un poumon économique et commercial du Maroc
tout entier
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