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Les élections de 2009 ont mobilisé
550 millions de dirhams : paperasse, urnes, mais aussi restauration, etc.
Toute une “économie parallèle” et une belle cagnotte pour les partis
politiques.
Cela
peut paraître anecdotique, mais le budget “restauration” est l’un des plus
gros postes alloués aux élections communales. Interdits de quitter les
bureaux de vote pour des raisons évidentes de "transparence",
fonctionnaires et forces de l’ordre mangeront donc sur
place. Quelque 564 000 repas
devront leur être servis dans les bureaux de vote. Coût de l’opération : 25
millions de dirhams. “Lors des élections législatives de 2007, nous avons eu
droit à un traitement royal”, se souvient le président d’un bureau de vote à
Anfa (Casablanca). A en croire ce dernier, les membres du bureau ont eu droit
à un petit-déjeuner, un déjeuner, une collation et un dîner. “Pour le
déjeuner, cela nous faisait pratiquement un poulet rôti par personne”, se
souvient notre interlocuteur. S’installe alors une drôle de solidarité
puisque ces repas sont généralement partagés entre les fonctionnaires de
l’Intérieur et les représentants des partis politiques. Dans les coins
reculés, la solidarité des populations est, au besoin, mise à contribution.
Des
cadenas et des stylos
En
plus de nourrir ses troupes, le département de Chakib Benmoussa mobilise une
incroyable machine qui ne doit rien laisser au hasard. Ainsi, l’Etat a acquis
105 000 cadenas servant à verrouiller les urnes dont le nombre a augmenté de
8 200 unités cette année. Toujours dans les gros chiffres, le ministère de
l’Intérieur a passé commande pour 400 000 stylos à bille et 120 000 stylos à
encre indélébile, qui servent à marquer le pouce de ceux qui sont déjà passés
par l’isoloir. “Ce genre de détails est décisif pour le succès d’une
opération électorale. Un bureau de vote ne doit manquer de rien. Sinon, le
moindre petit incident pourra être exploité pour remettre en cause la
légalité du processus”, explique un cadre au ministère de l’Intérieur. Moins
décisifs pour la “légalité” des élections : les drapeaux qui doivent orner
les bureaux de vote. En tout, le ministère en a acquis 39 000 pour 38 285
bureaux de vote. Il faut compter 11,4 millions de dirhams pour ces frais dits
“administratifs”.
Se pose alors une question : que
deviendra ce matériel une fois le scrutin terminé ? “Pour les acquisitions
non périssables, elles font désormais partie du patrimoine de
l’administration, qui pourra en faire usage ultérieurement”, explique une
source au ministère. Et de poursuivre : “Les élections sont également une
aubaine pour les services extérieurs du ministère”. Comprendre les provinces
et les préfectures. Pour ces dernières en effet, les élections sont
l’occasion de remplacer le matériel vétuste et renforcer les lots existants.
Exemple parmi d’autres : après le scrutin du 12 juin, les provinces et
préfectures hériteront de 1 500 nouveaux ordinateurs, autant d’onduleurs et
500 photocopieurs flambant neufs. Un lot informatique acquis pour un budget
de 23,7 millions de dirhams.
De la
paperasse et de la tchatche
Avec ces élections, on sait
également que l’Intérieur n’accorde que peu d’intérêt au volet écologique.
Chakib Benmoussa a en effet acheté pour 400 tonnes de papier de luxe (120
grammes). Ces tonnes de papier
ont essentiellement servi à imprimer 13,3 millions de bulletins de vote
durant cinq jours, et ce, grâce à 12 imprimeries. Le ministère s’en est
également servi pour imprimer les cartes d’électeur, en plus de 75 000
livrets compilant plusieurs textes de base (lois électorales, procédures,
etc.) et des milliers de documents administratifs servant lors de la révision
exceptionnelle des listes électorales. Ces opérations ont coûté près de 49
millions de dirhams.
Enfin,
pour le jour J, les services centraux de l’Intérieur mobilisent une “armée
d’élite” pour centraliser les résultats. Cela donne 200 cadres de la maison
parqués dans une grande salle et armés de 100 ordinateurs, 50 lignes
téléphoniques et 20 fax. Leur travail consistera, entre autres, à donner
quelque chose “à se mettre sous la dent” au ministre et à ses collaborateurs,
qui se trouveront sollicités par près de 150 journalistes de divers supports
nationaux et étrangers, conviés à suivre les deuxièmes élections communales
du règne de Mohammed VI.
Par Mohammed Boudarham
BILAN. Ce que vous ont coûté les
élections (TNIOUNI)
http://www.telquel-online.com/377/actu_maroc2_377.shtml
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