Instance Nationale de protection des Biens Publics au Maroc

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Sur quel critère l’Etat finance-t-il les partis ?

Par INPBPM :: 30/06/2008 à 1:57 :: Général

Deux mois après la fin du délai accordé aux candidats aux élections législatives du 7 septembre dernier, un grand nombre de candidats n’a pas déposé les pièces justificatives relatives à leurs dépenses. Tout le monde attend la réaction du président de la Cour des comptes qui est actuellement devant un examen décisif.

Ahmed Midaoui, président de la cour des comptes.

ela fait deux mois que le délai fixé par le ministère de l’Intérieur aux partis politiques, qui avaient bénéficié de soutien financier, pour organiser leur campagne électorale pour le scrutin du 7 septembre dernier s’est terminé. Le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, avait adressé quelques jours après l’annonce des résultats du scrutin, un courrier aux candidats aux législatives, les incitant à justifier leurs dépenses électorales auprès de la Cour des comptes à Rabat. Le dernier délai pour le dépôt des justificatifs était fixé au 9 novembre dernier. D’après une source bien informée, près de 40% des candidats n’ont pas justifié jusqu’à présent leur dépense. Aucune réaction n’a été signalée jusqu’à présent de la part du président de la Cour des comptes, Ahmed Midaoui. Ce dernier avait brisé le silence de cette honorable institution le mois de mars dernier en adressant un courrier aux partis politiques, les invitant à justifier leurs comptes auprès de la Cour, comme le stipule la loi des partis politiques entrée en vigueur depuis janvier 2006. Parmi les irrégularités recensées par les différents organismes qui avaient participé à l’observation des élections législatives, l’usage de l’argent et l’achat des voix ont été constatés massivement. Le code électoral donne droit aux candidats de dépenser une somme d’argent ne dépassant pas les 250.000 DH. Selon Me Mohamed Tarek Sbai, le président de l’Instance nationale de défense des biens publics au Maroc : «certains candidats ont dépensé plus d’1 milliard de centimes en campagne électorale». La Cour des comptes est aujourd’hui appelée à jouer son rôle d’Institution constitutionnelle pour faire appliquer la loi en matière de transparence financière dans les élections. Mais ce rôle demeure handicapé par la nature même de la Cour. Selon le politologue Benyounes Marzouki?: «l’article 52 de la Cour des comptes stipule que les membres du gouvernement et les membres des deux chambres du Parlement, ne sont pas concernés par les sanctions de la Cour des comptes lorsqu’ils exercent leur fonction». L’enveloppe de 2007 accordée aux partis pour financer la campagne électorale du 7 septembre dernier, tourne en effet autour de 200 millions de DH. Chaque parti politique qui avait participé au scrutin avait bénéficié d’une avance forfaitaire de 500.000 dirhams, en plus d’un montant calculé sur la base du nombre de voix et de sièges remportés lors des élections législatives de 2002. Il y a un mois, les partis politiques avaient bénéficié de la deuxième tranche de la subvention de l’Etat selon les voix récoltées. Ainsi, l’Istiqlal et l’USFP, ont reçu, à titre d’exemple, la bagatelle de 2 milliards de centimes. Par contre, le ministère de l’Intérieur a en même temps demandé aux partis politiques qui n’avaient pas eu le seuil d’éligibilité fixé à 6 % des voix, à rembourser l’avance de la subvention accordée avant la campagne électorale, ce qu’ils tardent toujours à faire. En vertu de la loi des partis politiques, les partis sont désormais obligés de tenir une comptabilité transparente. Plus encore, ils doivent rendre leur bilan comptable le 30 mars de chaque année à la Cour des comptes. Les articles 34 et 37 de la loi en vigueur régissant ces organisations sont clairs?: chaque année, tous les partis doivent rendre compte de leur bilan à la Cour des comptes. Au préalable, dans son article 33 (titre IV) relatif au financement des partis, la même loi rappelle aux partis qu’ils doivent tenir une comptabilité pour que les fonds dont ils disposent autant que leurs dépenses soient connus.

La manne de l’argent de l’Etat

Pour ce faire, chaque parti se doit d’établir un système comptable qui serait susceptible de dégager une image fidèle de son patrimoine, de sa situation financière et de son résultat enregistré à la clôture de chaque exercice comptable. Pour ne laisser guère de place à l’erreur, avant que les comptes établis ne soient soumis à la Cour des comptes, il est prévu par la loi en vigueur qu’ils soient certifiés par un expert comptable inscrit à l’Ordre des experts comptables. De même, un second examen des comptes est prévu avant son dépôt final. Les partis sont désormais assujettis au contrôle direct non seulement des autorités compétentes, mais aussi de tous les Marocains. La preuve : chaque citoyen a dorénavant la latitude de pouvoir se procurer, à ses frais, une copie du rapport financier de l’un ou l’autre parti auprès de la Cour des comptes. Ce qui lui permettra de connaître en profondeur ce qui relevait dans le passé des secrets de la vie partisane. Si le bilan financier annuel n’est pas établi, des sanctions sont prévues. La première et non des moindres : le gel de la subvention. Même s’ils sont régis par la loi 36-04, les critères et les modalités du nouveau mode de gestion de l’argent des partis politiques ne sont pas encore étoffés. Il manque plusieurs textes d’application, dont le plan comptable des partis politiques. Ce texte vient d’être adopté au mois de mars dernier en assemblée plénière du Conseil national de la comptabilité. Il permettra aux formations politiques de disposer d’outils de gestion nécessaires à une bonne gouvernance. Les pratiques du passé qui étaient marquées par l’hégémonie du «zaïm» sur le trésor de son organisation sont désormais révolues. La loi est intransigeante : le parti qui soumet une comptabilité ne répondant pas aux normes établies sera sanctionné. En 2006, l’Etat a versé aux partis 50 millions de DH. De cette somme, 7,5 millions de DH ont été versés à l’USFP; 6,8 au RNI et 4,8 au PJD. Les montants indiqués ont été répartis en fonction du nombre de sièges obtenus par chaque parti au Parlement et des voix obtenues aux élections législatives de 2002. L’Etat verse aussi de l’argent aux partis au moment des campagnes électorales. À titre indicatif, une enveloppe avoisinant les 30 millions de dirhams leur a été allouée à l’occasion du renouvellement de la Chambre des conseillers. Désormais, selon la nouvelle loi, toute utilisation, en totalité ou en partie du soutien de l’Etat, à des fins autres que celles pour lesquelles il a été alloué, est considérée comme détournement de deniers publics, punissable à ce titre conformément à la loi. Un parti averti en vaut deux. Avant, les partis politiques étaient assujettis au Dahir du 15 novembre1958. Ce dahir ne donnait pas la possibilité à ces organisations d’avoir des biens ou des comptes bancaires enregistrés en leur nom. Le patrimoine de chaque parti était le plus souvent enregistré au nom de son leader. C’est le cas, par exemple, de l’UNFP. L’argent de ce parti est toujours bloqué parce qu’inscrit au nom de feu Abdallah Ibrahim. Même les subventions de l’Etat, accordées notamment pour le financement des campagnes électorales, étaient versées directement par chèque au nom du chef du parti. Selon Mohamed El Aouni, membre du Bureau politique du Parti Socialiste Unifié (PSU), ce parti n’a pas attendu la sortie d’une loi pour emprunter la voie de la transparence. Il a été le premier à avoir publié sur son site la liste des biens de tous les membres de son Bureau politique. Selon le statut du parti, ses premiers responsables sont tenus de déclarer leurs biens au moment où ils prennent leur poste et au moment où ils le quittent. Un cas d’école qui mérite d’être généralisé à tous les partis.

Sur quel critère l’Etat finance-t-il les partis ?

Pour ce qui est du financement public des partis, il se base sur les chiffres totaux de la représentation au Parlement et sur le nombre total de votes reçus au niveau national. En vertu de la loi 36-04 relative aux partis politiques (Dahir n° 1-06-18 du 15 moharrem 1427-14 février 2006), pour fonctionner et remplir son rôle d’encadrement des citoyens, tout parti politique a besoin d’argent. La loi identifie 4 sources de financement : la cotisation des membres, les dons et legs plafonnés à la valeur de 100.000 DH par an et par donateur, les revenus liés à des activités sociales et culturelles, le soutien annuel de l’Etat. L’Etat accorde son soutien financier annuel aux partis politiques ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés lors des élections générales législatives. Bénéficient également de ce soutien, et dans les mêmes conditions, les Unions des partis politiques. La répartition du montant de la participation de l’Etat est donc calculée sur la base : du nombre de sièges de chaque parti au Parlement, du nombre de voix obtenues par chaque parti aux élections générales législatives. Mais le parti politique qui ne réunit pas son congrès durant cinq années, perd son droit au soutien annuel de l’Etat. Tout parti politique doit être constitué et fonctionner exclusivement avec des fonds d’origine nationale. Tout versement en numéraire supérieur à 5000 DH pour le compte d’un parti politique doit se faire par chèque. Les comptes des partis politiques doivent être certifiés par un expert comptable. La Cour des comptes est chargée du contrôle des dépenses des partis politiques qui bénéficient du soutien financier de l’Etat. Un parti peut être dissout s’il ne se conforme pas à ces dispositions.

Conseil national de la comptabilité

Le Conseil national de la comptabilité (CNC) est l’organe national de la normalisation comptable. Il comprend 54 membres appartenant aux administrations, au monde des affaires et au corps des experts comptables. Le Conseil est préalablement consulté sur toutes réglementations, instructions ou recommandations d’ordre comptable. Les différentes instances du CNC ont pour mission la production d’une norme comptable de qualité pour la modernisation de l’arsenal normatif. La 11ème assemblée plénière du Conseil, qui s’est tenue le mois de mai 2007, a vu la présentation des projets de plans comptables de Bank Al-Maghrib, des mutualités, des Caisses de retraite et des sociétés de bourse. Le CNC pilote aussi le programme relatif au respect des Normes et Codes (projet ROSC) qui vise essentiellement l’amélioration de la qualité de l’information financière au Maroc. L’avant dernière session du CNC s’est tenue le 26 mai 2005. Elle a été marquée par l’adoption du plan d’action du Conseil pour la période 2007-2008. Ce plan comprend la tenue de la 11ème assemblée plénière du Conseil, la poursuite des travaux de préparation des projets de règles comptables applicables aux organismes de placement en capital risque (OPCR), l’élaboration des normes comptables applicables au fonds Hassan II pour le développement économique et social et au secteur hôtelier. Le Conseil projette également de préparer le plan comptable des collectivités locales et de poursuivre la mise en oeuvre du plan d’action relatif au projet ROSC. Le Conseil national de la comptabilité est présidé par le Premier ministre ou par l’autorité gouvernementale déléguée par lui à cet effet. http://www.lagazettedumaroc.com/articles.php?id_artl=15595&n=556&r=2&sr=830

Instance nationale de protection des biens publics au maroc_ I.P.B.P.M.

Débat sur le détournement des fonds publics dans le sport

Par INPBPM :: 29/06/2008 à 1:54 :: Général

L’instance nationale de protection des biens publics a tenu récemment un débat sur le détournement des fonds publics dans le sport. Son président, Me Mohamed Tarek Soubaï, affirme en avoir les preuves.

«Nous avons les preuves du détournement de biens publics»

L’instance nationale de protection des biens publics a tenu récemment un débat sur le détournement des fonds publics dans le sport. Son président, Me Mohamed Tarek Soubaï, affirme en avoir les preuves.

ALM : Quel diagnostic faites-vous de l’état de la gestion des fonds publics dans le domaine du sport ? Mohamed Tarek Soubaï: L’instance nationale de protection des biens publics a relevé des cas de mauvaise gestion de fonds dans plusieurs disciplines sportives. La Fédération royale marocaine de football (frmf), à titre d’exemple, ne maîtrise pas la gestion de son budget. L’argent public est dilapidé dans des voyages, qui, dans beaucoup de cas, sont inutiles. L’on constate que les membres dirigeants des fédérations se déplacent pour des missions de travail en compagnie des membres de leurs familles. Ce qui est inadmissible. C’est notamment ces dépenses mal calculées qui épuisent le budget des fédérations, particulièrement la frmf. Il convient de signaler que, suite au contrat signé avec Henri Michel ainsi que son limogeage, la frmf a dû dépenser des sommes gigantesques pour rien. Nous avons pu relever dans l’ouvrage du journaliste anglais, André Ging intitulé «La carte rouge» les cas de corruption présentés à la Fifa par certains pays arabes. Notre instance possède des dossiers complets prouvant des cas de détournements de biens publics par certaines fédérations.

Quelles sont les conclusions que vous avez tirées de votre investigation ? Lors du débat de vendredi, nous avons conclu que d’abord le sport est incontestablement un vecteur essentiel dans le développement de notre pays. Pour cette raison, les fédérations doivent être soumises régulièrement au contrôle financier. Notre instance demande à cette occasion au ministère de la Jeunesse et des Sports de soumettre les rapports de fraude constatés dans certaines disciplines à l’Inspection générale des Finances pour vérification. Il y a un autre point à signaler, celui de l’investissement dans les clubs nationaux. La transformation des clubs en des sociétés commerciales ne peut se faire actuellement au Maroc. Le dahir du 15 novembre 1958 régissant les associations marocaines ne le permet pas encore. Celui-ci stipule que les ressources financières des clubs et des associations sportives se limitent aux frais d’adhésion, aux dons et aux subventions. De ce fait, il est interdit d’exercer le commerce dans le sport. Nous ne sommes pas encore arrivés au stade du professionnalisme à l’instar des grands clubs européens. Le dispositif juridique à leur possession leur permet d’évoluer en sociétés commerciales ce qui n’est pas le cas chez nous.

Quelles sont les mesures que vous avez prises et quels sont vos objectifs? L’instance s’est fixée comme objectif de poursuivre tous ceux qui, dans les diverses disciplines sportives, sont accusés de détournement des biens publics. Il importe de mentionner qu’un dossier d’abus présumés enregistrés au niveau de la Fédération de taïkwondo se trouve entre les mains du procureur général du Roi de la ville de Salé pour appel. Prochainement, nous allons organiser une rencontre avec la presse pour mettre l’accent sur le rôle des médias dans la dénonciation du détournement des fonds publics.

Le 9-4-2008 Par : Leila El Attafi http://www.aujourdhui.ma/sports-details61009.html

Instance nationale de protection des biens publics au maroc_ I.P.B.P.M.

Le Rif au bord d’une véritable catastrophe écologique

Par INPBPM :: 26/06/2008 à 2:02 :: Général

la participation de nombreux riverains de Jbel Tidighine, et d’activistes de plusieurs ONG nationales, dont notamment l’Instance nationale de protection des biens publics au Maroc

Une lourde menace pèse sur la cédraie de Jbel Tidighine (Al-Hoceïma), où des centaines d’arbres ont été abattus. Les acteurs associatifs dénoncent un véritable « massacre écologique».

Le Rif au bord d’une véritable catastrophe écologique, après le lancement d’une opération d’abattage grandeur nature des cèdres de Jbel Tidighine, relevant de la circonscription Tarkist, à Al-Hoceïma. «Des dizaines d’hectares de la cédraie de cette montagne, la plus haute du Rif (2465 m d’altitude), ont été cédées à un entrepreneur de la région, en contrepartie de plus de 1 million de DH», alerte le président de l’Association Kétama pour le développement, l’environnement et la culture, El Hadrati Ayyad, dans une déclaration à ALM. L’Association a tenu sur le lieu de l’abattage, dimanche dernier, un grand sit-in de protestation contre ce «massacre écologique», avec la participation de nombreux riverains de Jbel Tidighine, et d’activistes de plusieurs ONG nationales, dont notamment l’Instance pour la protection des biens publics au Maroc. «Malgré l’opposition des habitants de la région, épaulés par plusieurs acteurs associatifs, l’abattage des cèdres se poursuit», note l’un des dirigeants de l’Instance Thami Belamaâlem, qui appelle à «une intervention urgente des autorités pour sauver le plus somptueux des arbres de la Méditerranée». Mercredi dernier à Rabat, le président de l’Instance Mohamed Tarek Sbaï, en compagnie du responsable de l’Association Kétama, M. El Hadrati, ont rencontré le Haut commissaire aux eaux et forêts. Lors de cette rencontre, ce dernier aurait affirmé qu’«une enquête est déjà en cours sur place pour déterminer les circonstances de cette affaire». L’Instance chargée de la protection des biens publics au Maroc a publié un communiqué dans lequel elle dénonce un «deal» avec un argentier destiné à financer la campagne électorale d’un élu de la région, au détriment de la cédraie du Rif déjà victime d’un pastoralisme excessif . «Les spéculateurs des élections exploitent un bio-patrimoine national par le biais de deals douteux pour des enjeux électoralistes non moins douteux», peut-on lire dans le communiqué de l’Instance. «118 hectares de cèdres sont aujourd’hui en danger», alerte cette ONG. «Entre coupes illégales et surpâturage, c’est non seulement la cédraie de Jbel Tidighine qui est menacée, mais tout l’écosystème national», se révolte cette association. Elle invoque la responsabilité des autorités pour mettre fin à «l’extermination» de cette denrée naturelle rare que représente le cèdre, livré en pâture à toutes sortes de spéculateurs, dont notamment les marchands de bois, protestant «contre ces personnes qui sont prêtes à tout pour monnayer au prix d’or des chambres à coucher ou des intérieurs en bois de cèdre». Pour le président de l’Association Kétama, M. Hadrati, la convoitise que suscite le mont Tidighine s’expliquerait par la forte demande en cèdre, dont le bois est connu pour sa qualité exceptionnelle. S’agissant du prix à payer, il précise que «le mètre carré du cèdre coûte près de 12.000 dirhams». Ce qui se passe sur le mont de Tidighine n’est toutefois «que l’arbre qui cache la forêt», fait constater le président de l’Instance nationale pour la protection des biens publics au Maroc, M. Sbaï. Pour s’en rendre compte, il suffit simplement de faire un petit tour du côté de la réserve de Tounfite, située à quelque 120 kilomètres de Khénifra, où l’abattage clandestin du cèdre atteint des sommets. «Dans cette région, jonchée de cèdres et de chênes, un réseau criminel s’active», met-il en garde. La liste est, évidemment, longue, mais abrégeons : Face à ce jeu de massacre, une mobilisation collective s’impose. «Autorités de tutelle, associations, ou simples citoyens, sont appelés à agir de concert pour empêcher l’extermination des cédraies nationales. Au cas inverse, la non-assistance à la nature en danger devrait passer pour un crime», avertissent les plaignants.

M’Hamed Hamrouch (aujourdhui.ma)

La Cour des comptes vient de rendre public son rapport annuel

Par INPBPM :: 24/06/2008 à 1:52 :: Général

La Cour des comptes vient de rendre public son rapport annuel. Fait inhabituel, Midaoui, qui préside aux destinées de cette honorable institution, semble sermonner les administrations publiques sur la manière avec laquelle ses recommandations sont suivies. L’idée communément admise est que les magistrats de la Cour ont du mal à faire changer les habitudes et que les mesures qu’ils préconisent sont rarement suivies d’effet. Et c’est cette idée que bat en brèche ce qui semble être un changement de ton.

La Cour des comptes vient de rendre public son rapport annuel. Fait inhabituel, Midaoui, qui préside aux destinées de cette honorable institution, semble sermonner les administrations publiques sur la manière avec laquelle ses recommandations sont suivies. L’idée communément admise est que les magistrats de la Cour ont du mal à faire changer les habitudes et que les mesures qu’ils préconisent sont rarement suivies d’effet. Et c’est cette idée que bat en brèche ce qui semble être un changement de ton. La Cour a un rôle éminemment important dans le processus d’évaluation de la discipline budgétaire. Cette mission ne peut échoir au gouvernement, celui-ci étant sur ce dossier juge et partie. Ce travail, c’est plutôt au Parlement de le faire, et ce sur la base du travail de la Cour des comptes. Or, pour 2005, que remarque-t-on? Il y a un déficit dans la production des comptes publics (3.046 comptes manquent à l’appel pour la période antérieure à 2003), mais il y a surtout le retard trop important accusé sur les projets de loi de règlement. Ecarquillons les yeux: le rapport de la Cour des comptes pour 2005 porte sur la loi de Finances… 1999-2000! A cela des raisons évidentes. En dépit des promesses des Finances, les projets de loi de règlement continuent d’être présentés au Parlement dans des délais anormalement élevés. La procédure habituelle veut qu’ils soient transmis à l’une des chambres à la fin de la 2e année budgétaire qui suit l’exécution de la loi de Finances. C’est loin d’être le cas. Que l’on en juge: pour la loi de Finances 1999-2000, le projet de loi de règlement n’a été déposé qu’en août 2004. Du coup, la Cour nous produit un rapport portant sur des données qui remontent à Nabuchodonosor. Un beau gaspillage de temps et de ressources. Or, sans un travail sur des données récentes, le Parlement ne peut accomplir sa mission, s’assurer de la bonne exécution des dépenses et des recettes. Bref, c’est tout l’édifice démocratique qui est compromis.

Mohamed BENABID

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